La « rivière de la vie » : de belles aventures commerciales au Zimbabwe

31 mars 2017

Alexandra Crofton est une gestionnaire de projet qui travaille avec l’équipe Autonomisation économique des femmes de CARE Canada. Elle est récemment revenue d’un voyage au Zimbabwe, où elle a observé de près les efforts que CARE déploie dans le cadre du Projet d’autonomisation des jeunes (PAJ). Ce projet vise à renforcer l’autonomie de jeunes personnes par l’enseignement de connaissances d’affaires.

Quelles images vous viennent à l’esprit lorsque vous entendez le mot « entrepreneur »? Peut-être pensez-vous aux cracks de la haute technologie qui vivent à Bay Street ou aux propriétaires d’un petit resto de quartier près de chez vous. Et si vous pensiez à Édith, une jeune femme habitant une région rurale du Zimbabwe?

Après la mort de son père, Édith a commencé à seconder sa mère pour vendre des légumes et économiser assez d’argent afin d’acheter quelques poules. Cela lui a permis de démarrer une entreprise de volailles. Elle a participé à une formation commerciale encadrée par CARE et a été encouragée à demander un prêt pour faire croître son entreprise. Au fil du temps, Édith a élargi ses activités et bâti un enclos pour loger 300 poules. Grâce à la hausse de ses profits, elle a pu envoyer sa sœur dans un internat. Ainsi, avec un petit emprunt, elle a réalisé une grande transformation qui a eu des répercussions tout autour d’elle!

Des histoires comme celle d’Édith, j’en entends tous les jours dans le cadre de mon travail pour CARE Canada. Un petit investissement… une occasion qui se présente… Il n’en faut souvent pas davantage pour que des gens sortent du cercle de la pauvreté.

Lors de mon voyage, j’ai aussi rencontré Cecilia, une femme de 30 ans. Après avoir suivi une formation en gestion commerciale avec CARE et des partenaires locaux, Cecilia a eu l’idée de créer son propre petit commerce. Elle a discuté de son projet avec son mari et, avec son soutien, elle a décidé d’acheter des bananes pour ensuite les revendre. Pour concrétiser son projet, elle a puisé dans ses économies et a demandé un prêt de 150 $. Les profits qu’elle a réalisés lui ont plus tard permis de se procurer un lit et trois chèvres et de se construire une habitation à une pièce.

N’importe quel entrepreneur vous le dira, et ce, qu’il vienne du Canada ou du Zimbabwe : chaque succès d’entreprise repose sur des essais et erreurs, mais avant tout sur des défis relevés. Les marchés locaux peuvent être de très petite taille dans les régions comme le Zimbabwe, ce qui rend toute vente difficile. De plus, les femmes sont généralement plus limitées que les hommes dans leurs possibilités de s’éloigner du foyer. En somme, il faut comprendre que la partie n’est jamais gagnée d’avance pour les entrepreneurs qui souhaitent démarrer un petit commerce à partir d’un prêt, et à plus forte raison pour les femmes. Dans les pays en développement, les femmes ne sont pas encouragées à faire des emprunts. Souvent, elles doivent passer par leur mari pour obtenir des prêts. Souvent, aussi, elles n’ont même pas de compte bancaire. C’est là que CARE devient indispensable.

Il y a 25 ans, CARE a fondé sa première Association villageoise d’épargne et de crédit avec des femmes au Niger. Le concept est simple : des personnes, souvent des femmes, déposent chacune une somme d’argent dans une petite caisse dotée d’un cadenas. Cette caisse fait office de banque; elle permet d’accorder des prêts à des gens qui désirent lancer une petite entreprise ou la faire croître. Les Associations villageoises d’épargne et de crédit existent dans 35 pays. CARE offre aussi des formations qui développent les habiletés commerciales, de façon à ce que les entrepreneurs apprennent notamment de bonnes stratégies pour gagner des revenus et faire des investissements.

Les propriétaires des commerces qui ont obtenu le plus de succès jusqu’à présent et qui ont généré les meilleurs profits grâce au Projet d’autonomisation des jeunes (PAJ) sont unanimes : ils doivent tous leur réussite à leur famille et au soutien de leur communauté. La plupart du temps, les femmes qui ont été appuyées et encouragées par leur mari et leur famille ont noté un meilleur rendement du capital investi et ont pu assurer une croissance continue de leur entreprise. Elles ont également pu atteindre des objectifs essentiels à leurs yeux : envoyer leurs enfants à l’école, faire des réparations à leur foyer, offrir des soins médicaux à leurs proches ou se créer un fonds d’urgence pour faire face à des situations d’urgence, comme une sécheresse.

Dans le Projet d’autonomisation des jeunes (PAJ), l’entrepreneuriat est comparé à une « rivière de la vie ». Cette expression imagée laisse comprendre que la création d’un commerce est une aventure stimulante, mouvementée et inspirante. L’aventure n’est pas toujours une longue rivière tranquille, mais elle bouge au rythme de la vie.


Apprenez-en plus sur le travail de CARE pour renforcer l'autonomie de demmes, de filles, d'hommes et de garçons grâce à des groupes d'épargne, de la formation d'affaires et le développement de compétences.

Aidez une femme à démarrer un petit commerce >>