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Niger - le pouvoir des femmes
Guilley, village du Niger profond, reflète bien la crise que vivent 6 130 villages du Niger. Mais Guilley reflète aussi la combativité et le génie développés par les femmes dans la gestion des crises au sahel.
En ce jour de marché hebdomadaire habituellement si animé, le village paraît vivre au ralenti. Chants et danses semblent avoir céder la place à d’interminables murmures et aux soupirs qui accompagnent de multiples et interminables négociations autour de la nourriture. Au loin, au-delà du château d’eau surplombant le village, on aperçoit quelques squelettiques chèvres qui tentent péniblement de grimper sur la colline à la recherche désespérée de quelques herbes à brouter.
« Ici, les hommes et les bêtes luttent pour survivre face à la crise particulièrement vicieuse de cette année, où les marchés sont garnis de vivres mais les gens n’ont pas d’argent pour s’en procurer » nous dit d’emblée Aicha Baja, une habitante du village.
Âgée d’environ 60 ans, veuve et responsable d’un ménage de 6 membres, Aicha Baja connaît les crises alimentaires, leurs symptômes, leurs conséquences et les stratégies de survies. Au Niger, les stratégies des ménages reposent au premier chef sur les femmes pendant les crises alimentaires. Elles sont par exemple responsables de la rationalisation des repas ou encore de la récolte des feuilles et fruits sauvages pour compléter l’alimentation des ménages. Quand tout ceci ne suffit pas, ce sont les petits ruminants, épargne de la femme, qui sont vendus pour acheter des vivres.
« Toutes ces stratégies ne marchent plus actuellement car la production de fruits sauvages est nulle à cause de la sécheresse et les animaux sont mal vendus sur les marchés à cause de la faible demande … Si nous tenons debout encore à Guilley, c’est certainement à cause de notre programme de réduction des risques mis en œuvre avec CARE. »
Le transfert de fonds de Guilley, d’un total de 22 300 dollars, a bénéficié à 131 femmes extrêmement vulnérables selon un classement participatif communautaire entre mars 2009 et décembre 2009. Aicha qui venait de perdre la vue a utilisé une partie du montant se faire opérer les yeux dans l’hôpital du chef lieu de la région situé à 200 kms. L’autre partie de l’argent a servi pour l’achat de deux animaux qui se sont multipliés en un vrai petit troupeau depuis. À Guilley ce sont ainsi 2 327 animaux qui ont été achetés par les femmes grâce au transfert d'argent.
L’épargne - crédit est pratiqué avec un appui conseil technique de CARE à travers 4 groupements associatifs d’environ 40 femmes chacun. L’épargne de 1 300 dollars déposé par les femmes permet maintenant aux membres d’accéder au micro crédit et conduire des initiatives économiques qui atténuent les risques de chocs dans leurs ménages.
La mise en place du stock villageois de céréales est une initiative des femmes membres de ces groupements d’épargne crédit pour assurer la disponibilité et l’accessibilité. CARE a assisté les femmes avec un premier stock de sorgho et avec la formation des membres du comité de gestion dont fait partie Aicha Baja. « L’existence de ce stock rassure notre village. Grâce à lui, nous avons la certitude de pouvoir stabiliser la main d’œuvre au moment des prochains travaux champêtres avec un pouvoir de contrôle sur les prix. »
Cliquez ici pour plus d'information concernant le crise alimentaire en Afrique du Nord-ouest.
Découvrez comment vous pouvez collaborer avec des femmes comme Aicha à devenir des agents de changement au sein de leurs propres familles et communautés.
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