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Fleeing Venezuela: Outside the law and at serious risk

Paddy Dowling/CARE

Milagros Rincon, une mère de trois enfants qui est âgée de 31 ans, a voyagé avec sa famille pendant plusieurs jours du Venezuela à la Colombie puis en Équateur.

Le voyage s’est fait en autobus et à pied. Le parcours a été long, dit-elle. Comme elle, de nombreuses personnes n’ont eu d’autre choix que de fuir.

Milagros explique : « Bien des gens se déplacent à pied… des mères, des enfants, des femmes enceintes. Plusieurs ont des ampoules douloureuses. »

Beaucoup de choses ont été écrites pour décrire la situation politique et économique au Venezuela. Mais la crise humanitaire qui fragilise le pays de 32 millions de personnes a reçu moins d’attention. Essentiellement, le Venezuela est affaibli par une monnaie dépréciée, une inflation vertigineuse et un taux de pauvreté de près de 90 % qui ont rendu presque inaccessibles la nourriture, les médicaments et d’autres biens de première nécessité.

Quelques chiffres sur la situation au Venezuela :

  • En 2018, l’inflation devrait dépasser 1 000 000 %;
  • 50 % des professionnels de la santé ont quitté le pays;
  • La mortalité maternelle au pays a augmenté de 65 % et la mortalité infantile a grimpé de 30 % en un an;
  • Les épidémies telles que la rougeole et la polio ont commencé à réapparaître; l’an dernier, il y a eu plus de 400 000 nouveaux cas de malaria et près de 11 000 nouveaux cas de tuberculose;
  • 13,5 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère ou modérée.

En raison de la situation qui sévit au Venezuela, il n’est pas étonnant de voir que 2,6 millions de personnes ont quitté le pays ces trois dernières années.

Et ce nombre augmentera. On assiste au plus grand exode enregistré au cours de la dernière décennie.

Alex Moncada, directeur de CARE Équateur, a déclaré au quotidien The Independent du Royaume-Uni: « La crise au Venezuela se poursuivra et intensifiera la migration massive que l’on voit se créer en ce moment. Confrontés à la faim, à la violence et à l’incapacité de mener une vie digne, les Vénézuéliens glissent lentement vers la stigmatisation et la discrimination dans des pays où les communautés locales vivent déjà sous le seuil de la pauvreté. »

Ce n’est pas la lumière au bout du tunnel pour ceux qui ont marché durant des jours.

Les pays voisins ont adopté des politiques qui limitent les déplacements. Résultat : de nombreuses familles sont coincées entre les frontières et font face à des situations désastreuses. Elles sont contraintes de dormir dans des abris de fortune, sans accès à des services de santé et exposées aux risques des agressions physiques, de l’exploitation et du harcèlement sexuel.

Comment désigner ces gens? Des migrants? Des réfugiés?

Plusieurs pays voisins ont pris des mesures pour durcir les conditions d’accueil.

Compte tenu de la situation au Venezuela, plusieurs frontières échappent aux conventions pouvant s’appliquer aux réfugiés. Ainsi, les réfugiés peinent à se trouver un travail légal et à profiter des services publics.

Le danger est grand de voir des hommes et des garçons obligés de s’engager dans des groupes paramilitaires et des groupes de guérilla ou de trafic de stupéfiants.

Des informations inquiétantes ont été rapportées à l’effet que des femmes seraient forcées d’avoir des relations sexuelles monnayées pour se nourrir et se loger dans des zones frontalières; beaucoup auraient été piégées dans des réseaux de trafic sexuel. L’article du quotidien The Independant, dont le lien apparaît ci-dessus, brosse un portrait préoccupant des activités de prostitution auxquelles doivent se livrer de nombreuses femmes et filles vénézuéliennes.

Paddy Dowling/CARE

De quoi les gens ont-ils besoin?

Ceux qui sont restés au Venezuela ont besoin de vivres et de services médicaux appropriés. Les personnes qui fuient en toute urgence ont besoin de soins de santé, de nourriture, d’abris et d’aide pour surmonter les traumatismes subis.

Les gens ont aussi besoin de soutien et de renseignements juridiques. Sans ce filet, ils sont sérieusement à risque.

Comment agit CARE?

CARE se concentre à apporter son aide à de nombreuses personnes en Équateur, en Colombie et au Venezuela.

Nous fournissons des vivres ainsi qu’un soutien nutritionnel et, de concert avec des partenaires locaux, nous traitons une foule de problèmes, dont la violence sexiste de même que la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles. Nos équipes soutiennent également les réfugiés en leur prodiguant des conseils sur leurs droits.

Martin Fuentes/CARE

« Nous n’avons nulle part où aller. Nous comptons sur vous. »

L’équipe de CARE en Équateur qualifie la situation de crise à évolution lente, mais il ne faut pas s’y tromper, le mot « crise » prend tout son sens parce que la situation ne cesse de se détériorer.

La dernière fois que nous avons rencontré Milagros et les siens, ils se trouvaient à l’intersection de deux rues commerciales achalandées à Quito, la capitale de l’Équateur. Ils reprenaient leur souffle là, parmi un amas de valises, de sacs à dos et de couvertures. Ils transportaient précieusement aussi un sac de pommes de terre.

Leur compagnon de route Julio – qui était accompagné de son fils Daniel, 11 ans – tenait une petite pancarte sur laquelle était écrit : « Nous venons juste d’arriver du Venezuela. Nous n’avons pas de toit. Nous avons besoin de vous pour nos enfants. À cause de notre origine, il nous est difficile de nous trouver du travail. Merci. Dieu vous le rendra. »

La famille espère se rendre jusqu’au Pérou, où elle a entendu dire qu’il y avait des possibilités de travail. Avec de la chance, elle pourra envoyer un peu d’argent pour aider ceux qu’elle a laissés derrière elle au Venezuela.