Un moyen d’aller de l’avant

Baby Yelfaabasoglo se souvient parfaitement du jour où, il y a trois ans, ses enfants ont été chassés de l’école car leurs frais de scolarité n’avaient pas été réglés. Cela lui a presque brisé le cœur. C’est que cette mère n’arrivait plus à joindre les deux bouts. À cette époque, comme la plupart des familles du village de Brifo Maal, dans la région du Haut Ghana occidental, elle et son mari cultivaient à peine assez d’aliments pour manger et n’avaient pas de source d’eau potable à proximité. Baby passait ses journées à effectuer du travail très laborieux. Elle devait faire des allers-retours de quatre kilomètres pour rapporter de l’eau puisée à la rivière Black Volta. Une fois de retour à la maison, il lui fallait préparer le souper et seconder son mari dans les tâches de la fermette jusqu’à la pleine noirceur afin que la famille puisse manger le lendemain. Épuisée, elle n’avait que peu de temps à consacrer à ses enfants. C’était la routine immuable de Baby. C’était une situation stressante qui favorisait les disputes avec son mari, surtout lorsqu’elle abordait le sujet des frais de scolarité à payer ou d’un savon à se procurer pour laver le peu de vêtements que chacun avait. Plutôt que de continuer à vivre ainsi, Baby s’est donc tournée vers de nouvelles possibilités et s’est engagée à fond dans des façons de créer des changements durables.

« Toutes les mères veulent que leurs enfants grandissent en santé, reçoivent de l’éducation et contribuent à la communauté », dit Baby en laissant voir ses souhaits les plus chers.

Améliorer sa vie quotidienne

Baby, maintenant âgée de 34 ans, a été l’une des premières femmes de Brifo Maal à joindre une Association villageoise d’épargne et de crédit (AVEC) établie par CARE, dans le cadre du programme WA-WASH financé par USAID en Afrique de l’Ouest. Ce programme vise à améliorer l’hygiène et l’accès durable à de l’eau sûre et à des installations sanitaires fiables. Dans cette association, Baby a tiré de précieuses leçons sur l’argent, la gestion de base en affaires et la façon de dresser un budget. Baby s’est autodisciplinée à économiser de l’argent. Ainsi, lorsque sa famille a besoin de fonds pour acheter des semences qui résistent à la sécheresse au début d’une nouvelle saison de plantation, elle peut faire un emprunt à un faible taux d’intérêt dans les épargnes qu’elle a investies dans l’association et rembourser son prêt après la récolte. Grâce à l’AVEC, elle et son mari ont appris comment améliorer leurs méthodes d’agriculture, ce qui leur permet d’augmenter la production de leur récolte malgré une saison des pluies plus courte.

Reconnaissant la valeur des contributions et des idées de sa femme, le mari de Baby lui a laissé utiliser une parcelle d’un quart d’acre pour faire de l’agriculture comme elle l’entendait. Baby a choisi de faire pousser du riz, sachant qu’elle pourrait en obtenir un bon prix au marché. Elle s’est aussi lancée dans la vente de filtres d’eau et de pastilles de purification d’eau pour que les familles puissent protéger leurs enfants des diarrhées. Par ailleurs, elle a commencé à vendre du pito, une sorte de bière populaire faite avec du millet fermenté et, récemment, elle a entrepris l’élevage de chèvres et de cochons.

En un peu plus d’un an, l’Association villageoise d’épargne et de crédit de Baby – appelée Nontaa Songtaa ou « S’aider les uns les autres » – a collectivement épargné 6 000 cedis (1 570 $) et procuré 900 cedis (235 $) en prêts à des membres qui n’auraient pas eu droit à des prêts sinon. À toutes les réunions hebdomadaires, les 29 femmes membres de l’association discutent, mais ne font pas que parler de finances. Elles abordent aussi des sujets comme l’hygiène, la nutrition et les soins aux animaux, et apprennent également comment améliorer leurs relations avec leur mari.

Le programme WA-WASH ne vise pas seulement à favoriser l’engagement de femmes comme Baby dans une AVEC. Il cherche aussi à créer un esprit d’entraide et d’autonomisation dans 22 villages tels que Brifo Maal pour répondre à des besoins non satisfaits en eau et en installations sanitaires. Brifo Maal ne dispose d’aucune source d’eau potable, et aucun de ses 51 foyers ne possède une toilette. CARE a donc aidé la communauté à s’organiser pour qu’elle construise un puits doté d’une pompe à main. De cette façon, les femmes et les filles n’ont plus à parcourir de longues distances pour recueillir de l’eau dans une source où s’abreuvent aussi des animaux.

Grâce au programme « d’assainissement total piloté par la communauté », les gens de Brifo Maal ont réalisé pourquoi il était temps de briser la vieille pratique de défécation en plein air. Pour améliorer la santé des familles et l’environnement, chaque foyer a investi dans la construction de sa propre toilette sèche. Pour sa maison, par exemple, Baby a pu compter sur la communauté qui l’a aidée à creuser un trou de six pieds de profondeur. Partageant les coûts des matériaux avec son mari, Baby a payé le plafond et la porte de la nouvelle toilette. Baby a aussi été choisie comme membre du comité local chargé de l’eau et de l’assainissement et peut ainsi s’assurer de la durabilité des nouvelles ressources de son village.

Les femmes de Brifo Maal étaient auparavant vues comme des citoyennes de second ordre et n’avaient aucun droit de parole dans les décisions des ménages. Aujourd’hui, elles participent activement à ce qui se passe sous leur toit et peuvent offrir une meilleure vie à leur famille. Elles participent également à la production des récoltes et peuvent générer plus de revenus. Pour Baby, le plus important est ceci : « Je peux maintenant payer les frais de scolarité de mes enfants. »

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