Malawi : vivre de l’aide alimentaire

Photos : Lucy Beck/CARE

Dans le district de Ntcheu, dans le sud du Malawi, des hommes et des femmes font la file pour obtenir leur ration alimentaire du mois. Ntcheu est l’un des districts les plus affectés du pays. Déjà en 2015, près de trois millions de personnes au Malawi avaient besoin d’aide alimentaire. Après une deuxième saison sèche consécutive, le président du Malawi a tiré la sonnette d’alarme et déclaré l’état de catastrophe naturelle et de sécheresse dans le pays. Alors que le gouvernement et les organisations humanitaires évaluent la situation, des prévisions précoces laissent entrevoir que jusqu’à cinq fois plus de gens ont été affectés en 2016 par les températures sèches et les mauvaises récoltes. Cela représente un nombre sans précédent d’environ 14 millions de personnes qui seront en insécurité alimentaire au fur et à mesure que l’année progressera.

Esther Peter a mis au monde et élevé 10 enfants qui sont tous décédés tragiquement de différentes maladies et à différents moments de leur vie. Aujourd’hui, à 75 ans, elle s’occupe de trois de ses petits-enfants et tente de pourvoir à leurs besoins. En raison des deux saisons de sécheresse qui ont frappé le sud du Malawi, elle est forcée de se tourner vers des organismes d’aide comme CARE pour permettre aux siens de survivre. Chaque mois, elle reçoit des distributions de maïs, de haricots, de légumineuses et d’huile.

Les communautés ont travaillé ensemble afin d’identifier les gens les plus vulnérables et en situation d’insécurité alimentaire. C’est qu’il n’y a pas suffisamment de fonds pour aider chaque personne éprouvée. Pour les femmes seules et âgées comme Esther, il est particulièrement difficile de maintenir les cultures et de continuer d’effectuer le dur labeur permettant de nourrir leur famille. À cause des conditions climatiques désastreuses occasionnées par le phénomène El Niño, les récoltes en cours n’ont pas survécu.

Le personnel de CARE mesure les rations alimentaires de chaque famille, mais ces rations ne sont souvent pas suffisantes pour que les gens tiennent tout un mois, ce qui les oblige à trouver un autre travail ou d’autres moyens pour nourrir leur famille. Ce n’est pas tout le monde qui parvient à se débrouiller, donc la faim demeure une grande source d’inquiétude.

« Je ne sais pas ce que je ferai quand l’aide alimentaire finira, dit Esther. À mon âge, je n’ai pas la force d’aller au travail ou de faire des petits travaux pour avoir de la nourriture. »

Esther tient une bouteille en plastique pendant que des membres de CARE y versent sa ration d’huile de cuisson. Même si ce coup de pouce alimentaire permet aux gens de possiblement échapper à la faim, il suffit souvent à peine aux familles comme celle d’Esther pour durer un mois complet. Les familles sont souvent obligées de limiter le nombre de leurs repas et de chercher d’autres sources de revenu.

Un garçon du village aide Esther à transporter sa nourriture depuis le point de distribution jusque chez elle. Le petit-fils le plus âgé d’Esther n’a que 15 ans et il est à l’école le jour. La vieille dame doit donc souvent compter sur la gentillesse de ses voisins pour les tâches physiques les plus exigeantes.

La maison d’Esther a récemment été détruite par des vents forts. Le toit tout entier s’est même envolé pendant que la famille dormait. Durant trois jours, les membres de la famille ont dû dormir dans l’entrepôt de tabac de voisins, lesquels les ont finalement invités dans leur propre maison. C’est arrivé en février. Et la famille n’a toujours pas pu rebâtir son foyer.

« Je ne sais pas comment reconstruire une maison, souligne Esther. Et les enfants sont trop jeunes pour le faire. »

Esther commence à préparer le dîner pour ses trois petits-enfants qui fréquentent tous l’école, et elle doit faire des miracles avec les rations alimentaires qu’elle vient de recevoir. Au cours de sa vie, Esther en a vu des changements dans le village, dont la création de la première clinique de santé, mais ce marasme météo de sécheresse dépasse le pire du pire.

Deux des petits-enfants d’Esther – Sarah, 9 ans [sur la photo] et Benjamin, 13 ans – sont revenus de l’école pour aider leur grand-mère à confectionner le dîner de la famille (l’un des deux repas quotidiens). En plus de ses inquiétudes portant toujours sur les questions « où allons-nous vivre? » et « qu’aurons-nous à manger ?», Esther a une grande préoccupation : elle s’inquiète pour l’avenir de ses petits-enfants.

« Je m’en fais pour l’éducation de ces enfants et aussi pour toutes les choses que je ne peux avoir sans argent, comme des uniformes d’école. »

Apprenez-en plus sur les façons dont CARE soutient les communautés affectées par les effets du phénomène climatique El Niño.

Vous pouvez offrir de l’aide vitale à des femmes comme Esther et à des familles.

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