Sécheresse au Malawi : le cycle de la faim et de la pauvreté

Rose s’accroupit et frotte son récipient de cuisson. Les chaudrons n’ont jamais été aussi propres depuis qu’elle a beaucoup de temps libre.

Comme plusieurs personnes au Malawi, elle a été touchée par la récente sécheresse qui a causé de mauvaises récoltes à travers tout le pays.

« Je nourris normalement ma famille avec du maïs provenant de mes champs, dit Rose. Mais cette année, la sécheresse a tout détruit et nous devons maintenant vivre au jour le jour. »

Lors d’une bonne année, Rose se serait arrangée pour récolter environ 10 sacs de maïs qui lui aurait permis de nourrir les siens. Ce maïs se serait ajouté à l’argent obtenu en travaillant pour d’autres. Mais par les temps qui courent, même ce genre de travail est difficile à trouver.

« Comme j’ai beaucoup de temps libre maintenant, je cherche des petits boulots pour me faire un peu d’argent pour manger, dit cette mère de sept enfants âgée de 59 ans. La dernière fois que j’ai travaillé, c’était le mois dernier, pour une période de deux semaines. Je devais puiser de l’eau afin de faire des briques pour la maison de quelqu’un. »

Rose n’est pas la seule à éprouver des difficultés. Cette année, les trois quarts des gens de son village ont été incapables de récolter des cultures. Le Malawi a officiellement été déclaré en état de catastrophe naturelle après deux années d’une combinaison fatale de crues brutales et de sécheresses qui ont anéanti les récoltes et laissé près de trois millions de personnes sans source suffisante de nourriture.

Rose est l’une des 8 000 personnes dans le district qui sont maintenant contraintes de survivre avec des distributions mensuelles d’argent de CARE, lesquelles visent à aider les gens à acheter sur le marché local des fournitures alimentaires de base, telles que du maïs, des fèves, des lentilles et de l’huile.

Mais aujourd’hui, même l’argent distribué représente un défi. Les gens comme Rose qui en reçoivent sont confrontés à la flambée des prix de produits tels que le maïs, lequel représente l’ingrédient de base de l’alimentation des habitants du Malawi. De plus en plus de gens sont forcés d’acheter du maïs alors qu’avant, ils l’auraient fait pousser. Avec moins de maïs disponible sur le marché, les vendeurs font exploser les prix.

En raison de ces hausses de prix des semences, Rose n’a même pas pu acheter, le mois dernier, un plein sac de maïs avec l’argent reçu de CARE.

« Habituellement, un sac de maïs coûte 9 000 kwachas (environ 16 $CA). Mais avec la sécheresse, il coûte maintenant entre 15 000 et 17 000 kwachas », note Rose.

La famille tente de joindre les deux bouts, mais c’est difficile. Rose souligne qu’elle a remarqué une augmentation des cas de maladie chez les enfants.

« Nous essayons toujours d’avoir un repas par jour, dit-elle. La semaine dernière, durant quatre jours, nous avons sauté le repas du midi et n’avons eu que le souper, parce que c’est trop dur d’aller dormir sans avoir mangé. »

« Je vois les problèmes à l’horizon, termine Rose en soupirant. Nous attendrons de voir ce qu’il va arriver, mais la mort pourrait être imminente. »

Des familles comme celle de Rose ont désespérément besoin de votre aide pour s’assurer d’avoir quelque chose à manger.

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