Sécheresse en Éthiopie : des histoires de survie

L’un des cycles les plus forts d’El Niño enregistrés dans l’histoire a causé sécheresses et inondations à travers le monde. En Éthiopie, plusieurs récoltes ont été mauvaises, ce qui a précipité plus de 10 millions de personnes dans une crise alimentaire. Certains ont dû manger les semences qu’ils devaient mettre en terre.

Dans les montagnes d’une beauté frappante de la région de l’est de l’Éthiopie se trouve un centre de distribution CARE. La splendeur naturelle de la région fait contraste avec l’horreur que doivent vivre des familles en raison de la pénurie alimentaire.

Histoire de Malia : voir très tôt à la survie de son bébé

Attendant sa ration mensuelle de nourriture, Malia Mele, 25 ans, allaite son garçon de neuf mois.

« Mon fils a souffert d’une malnutrition grave durant un mois », dit-elle.

Malia a besoin des distributions de biens essentiels de CARE et du gouvernement pour subsister, tout comme d’autres mères et bébés.

Azeb Alemiyehu, la travailleuse de la santé de CARE qui est à l’œuvre dans la région depuis six mois, souligne l’importance d’intervenir rapidement en matière de nutrition.

« Les 1000 premiers jours sont cruciaux. À partir du moment de sa conception jusqu’à ses deux ans, le bébé doit recevoir une alimentation adéquate pour éviter tout retard de croissance. Sinon, ça affecte la mère et l’enfant, mais aussi les générations à venir. »

Ça met du baume au cœur de voir des travailleurs de la santé de l’est de l’Éthiopie réagir à la crise alimentaire en remettant aux gens les articles de première nécessité dont ils ont besoin. Si l’aide n’était pas venue à temps, la situation aurait été passablement différente. Plusieurs femmes comme Nooria Ibrahim, 23 ans, peuvent en témoigner.

La lutte de Nooria : être enceinte durant la crise alimentaire

Enceinte de neuf mois de son troisième enfant, Nooria n’a pas un ventre aussi rond qu’il devrait l’être. Azeb, la travailleuse de la santé, met la main sur l’épaule de Nooria en procédant à son évaluation.

« Vous voyez, elle en est à son 9e mois et son ventre est vraiment petit. »

Comme tout le monde dans la région, Nooria n’a pas assez à manger. Son mari cultive du maïs, toutefois le couple n’est pas différent des autres : il dépend de CARE et du gouvernement qui distribuent des vivres durant cette période inquiétante d’insécurité alimentaire. En mesurant le tour de bras de Nooria avec un ruban, Azeb en vient vite à la conclusion que la jeune mère est en état de malnutrition.

En mangeant seulement deux fois par jour afin de permettre aux autres membres de sa famille de manger aussi, Nooria met son bébé à risque, en plus de se mettre elle-même en danger. C’est grâce à des programmes gouvernementaux que la grossesse de Nooria a pu suivre son cours aussi longtemps. La jeune mère a effectivement reçu des vaccins et de l’information sur ce qu’elle devait manger.

Nooria et d’autres mères comme elle ont besoin d’aide pour pouvoir avoir trois repas nutritifs chaque jour. En mettant fin à la faim maintenant, nous pouvons épargner de la douleur, de la souffrance et des retards de croissance sévères à toute une génération.

Dans le petit centre de santé de la communauté d’Alemdrom, 200 mères reçoivent du soutien et six bébés bénéficient de soins en consultations externes – des bébés comme Sina*, tout juste âgée de neuf mois.

Histoire de bébé Sina : solution de dernier recours pour combattre la malnutrition

Fatima se pointe au dispensaire avec sa minuscule Sina, une puce de neuf mois. Azeb et Hiwot Miliyon, une intervenante en santé formée par CARE, ne perdent pas de temps et mesurent le tour de bras de l’enfant. Diagnostic : malnutrition aigüe sévère.

Azeb et Hiwot donnent à Sina une pâte nutritive à base de noix appelée Plumpy Nut. Emballée dans une pellicule en plastique et prête à manger, cette pâte thérapeutique contient des vitamines, des minéraux, des protéines et des glucides. Heureusement, Sina se montre attirée par la nourriture et avale ce qui peut la maintenir en vie. Si elle avait refusé de manger la pâte nutritive, ça aurait été le signal d’alarme d’une situation extrême, et Sina aurait dû être conduite à un centre de soins.

Fatima se voit remettre 14 sachets de Plumpy Nut. On lui fournit aussi des conseils pour préparer de la nourriture nutritive. Azeb et Hiwot en profitent pour discuter avec Fatima de planification familiale, lui suggérant de parler avec son mari pour éviter une prochaine grossesse rapprochée qui mettrait à l’épreuve sa santé et celle de son bébé. De plus, des gouttes d’antibiotiques sont glissées dans la bouche de bébé Sina, qui n’hésite pas à pleurnicher pour s’exprimer.

Vous pouvez fournir de la nourriture vitale à des enfants comme Sina. Donnez maintenant.

Histoire de Fatima : des semences à planter, pas à manger

Imaginez avoir si faim qu’on doit vous rappeler de ne pas manger les semences qu’on vous a données pour les faire pousser. Voilà ce que d’innombrables femmes comme Fatima Jibro vivent en Éthiopie.

Fatima, 30 ans, mère de trois enfants, tient au creux de ses mains les graines qui peuvent maintenant être plantées puisque les pluies sont arrivées. Lors de sa dernière tentative de plantation, elle avait perdu toutes ses semences. Mais là, dans ses mains, les précieuses semences de maïs distribuées par CARE sont en sécurité.

Des gens de l’équipe de CARE lui expliquent que les graines ne doivent pas être mangées, car elles ont spécialement été conçues pour résister à la sécheresse. Chaque personne reçoit 6,5 kg de semences. Les femmes ont la priorité. Elles se voient remettre des semences de maïs en premier, et chacune signe une entente l’engageant à retourner 6,5 kg de semences après la récolte.

Même si les pluies arrivent enfin en Éthiopie, permettant la mise en terre des semences, la situation est sombre. Tous espèrent qu’il y aura une récolte en octobre afin de pouvoir traverser les périodes difficiles à l’horizon.

Ces histoires de survie illustrent la force et la résilience des femmes éthiopiennes. Avec un coup de pouce de CARE, et tout particulièrement des Canadiens, ces femmes disposeront de la nourriture et de l’assistance dont elles ont besoin pour survivre à la sécheresse et se bâtir un avenir meilleur.

*Pour préserver la vie privée des personnes, les noms ont été changés.

VOUS pouvez aider des femmes comme Kediya, Malia, Nooria, Fatima et leurs enfants à survivre à la sécheresse causée par El Niño.

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