Soudan du Sud : l’histoire de Zeieya


Zeieya est née le vendredi qui a précédé le Jour de l’indépendance au Soudan du Sud, le 9 juillet 2011. Son nom est évocateur : il signifie « lorsqu’arrive une nouvelle ère » et commémore l’indépendance de son pays. À quoi ressemble la vie de cette petite, cinq ans après que le Soudan du Sud ait proclamé son indépendance?

Zeieya et les membres de sa famille ne sont retournés qu’en mai à Mankien, leur ville natale, quittant enfin le campement de Bentiu des Nations Unies pour les civils où ils s’étaient réfugiés après que les affrontements aient atteint leur ville, en 2014. Il leur a fallu quatre jours pour se rendre à Bentiu. Ils ont dû marcher lentement en respectant la cadence des jeunes enfants et de la grand-mère.

Durant les conflits, leur maison a été détruite. Et comme Martha, la mère de Zeieya, est monoparentale, elle n’a pu la reconstruire, ce qui a forcé la famille à s’établir chez des proches. Martha doit prendre soin de Zeieya et de ses six autres enfants, en plus de veiller sur la grand-mère.

L’une des premières tâches de Zeieya le matin est de nourrir les poules dans l’enclos. Elles appartiennent à une autre famille et tous partagent la maison et les œufs.

La température à Mankien peut atteindre jusqu’à 40 degrés Celsius à son plus chaud et l’eau demeure un problème puisqu’il n’y a pas suffisamment de pompes dans le village. Les gens doivent donc souvent se résoudre à s’abreuver dans des sources d’eau contaminées et tombent malades.

Zeieya prend aussi soin de la chèvre des gens chez qui elle habite, dans l’espoir qu’elle mette bas et produise du lait que tous pourront boire. Jusqu’à présent, Zeieya et les siens dépendent de l’aide des organismes humanitaires pour la moindre chose.

Une autre des tâches de Zeieya consiste à aider sa mère à ramasser de petites branches pour la cuisson de la nourriture. Aujourd’hui, la famille ne mangera qu’un seul repas, composé de sorgho moulu, qui sera servi en après-midi. Il devra pouvoir les rassasier jusqu’au lendemain.

Comme plusieurs autres jeunes filles de son âge qui ont dû fuir les conflits qui sévissent au Soudan du Sud, Zeieya ne fréquente pas l’école. Sa mère ne peut se permettre de l’envoyer sur les bancs de classe, pas plus que ses frères et sœurs. Elle reste donc au foyer afin d’aider sa mère à faire les travaux ménagers et à trouver des façons de gagner un peu d’argent pour acheter de quoi manger.

Zeieya va souvent dans la forêt pour ramasser du bois et des fruits sauvages. Elle et sa sœur mettent une heure pour s’y rendre, et elles doivent normalement consacrer trois autres heures afin de trouver assez de branches pour constituer des fagots de bois qui seront vendus au marché.

Comme la plupart des jeunes filles du village, Zeieya n’a jamais eu de vrais jouets. À la place, elle s’amuse avec tout ce qu’elle peut trouver. Dans ses jeux, elle fait souvent semblant de cuisiner ou de vaquer à d’autres activités domestiques. Elle adore faire comme si elle écrasait du sorgho pour l’utiliser en repas.

Zeieya et les siens ont quitté le camp de Bentiu en espérant pouvoir cultiver une parcelle de terre. Mais Martha, la mère, regrette déjà cette décision puisqu’ils n’ont pas les connaissances et les capacités qui leur permettraient de semer et de produire des cultures. Ils n’ont donc à peu près rien à se mettre sous la dent.


Cinq ans après l’indépendance du Soudan du Sud, les conflits ont laissé des milliers de gens sans rien à manger et sans toit où se loger. Une personne sur trois dans ce pays souffre de la faim, ce qui signifie qu’il y a plus de gens que jamais qui ont besoin d’aide humanitaire.

Votre don peut fournir de la nourriture, de l’eau et des abris essentiels aux familles éprouvées depuis des années par les conflits et l’instabilité.

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