« J’espère ne pas devoir abandonner l’école à cause de la sécheresse » : l’histoire de Patiente


À 14 ans, la plupart des adolescents occidentaux deviennent de jeunes adultes, grandissant avec confiance et prenant plus de responsabilités. La plupart, aussi, peuvent compter sur leurs parents pour avoir tout ce dont ils ont besoin. Ils peuvent aller à l’école et passer du bon temps avec leurs amis. Mais ce n’est pas le cas pour plusieurs adolescents à travers le monde.

En parlant de jeunes de 14 ans, il y a une jeune fille qui vit dans le sud du Mozambique et qui s’appelle Patiente – le Mozambique traverse actuellement la pire sécheresse jamais vue en 35 ans. Patiente et sa famille, comme 70 % de la population, dépendent de l’agriculture pour se nourrir et avoir quelques revenus. En raison du manque de pluie, les récoltes ont été perdues et les familles de tout le pays sont affamées.

Quand Patiente a perdu son père, il y a deux ans, sa mère Amelia parvenait habituellement à subvenir aux besoins de la famille en travaillant sur les terres avoisinantes. Cette année, toutefois, la sécheresse a détruit toutes les récoltes et la mère de Patiente passe des jours loin de sa fille et de ses trois autres enfants plus jeunes.

Pendant que sa mère est au loin, Patiente prend le relais. Ses journées commencent aussi tôt que 5 heures du matin, alors qu’elle prépare le déjeuner aux plus petits. Elle broie des marrons cueillis par sa mère et les fait bouillir dans l’eau.

Après le déjeuner, elle marche jusqu’à l’école.

« J’aime aller à l’école et voir mes amis. Mes matières préférées sont le portugais et l’anglais. Mais ça devient de plus en plus dur d’aller à l’école, parce que j’ai plein d’autres choses à faire et, parfois, je suis très fatiguée. »

Patiente prend soin de ses jeunes frère et sœurs. Elle leur sert à manger, les débarbouille et les réconforte lorsqu’ils pleurent. Elle lave aussi les assiettes et les tasses, ramasse le bois et nettoie la maison. Tous les deux jours, Antoniette, une bénévole de CARE, fait un tour à la maison pour aider la famille.

« Quand je n’y suis pas, je m’inquiète constamment pour mes enfants, mentionne Amelia. En sachant qu’Antoniette garde un œil sur eux, ça me soulage un peu l’esprit. »

En chemin sur le retour de l’école, Patiente va chercher de l’eau pour la famille. Comme c’est trop lourd pour elle de transporter un bidon de 25 litres, elle utilise une voiturette que sa mère lui a bricolée pour avancer dans les terres sableuses. Heureusement, il y a quelques semaines, CARE a bâti un puits à seulement 15 minutes de marche du foyer de Patiente.

« Ç’a rendu les choses beaucoup plus faciles pour moi. Comme je n’ai plus à marcher des heures et des heures après l’école pour recueillir de l’eau, j’ai plus de temps pour faire mes devoirs. »

La famille de Patiente n’est pas la seule à vivre des difficultés. Presque tout le monde a perdu ses récoltes cette année dans le petit village. En avril, le gouvernement du Mozambique a officiellement déclaré l’état de catastrophe national. Presque deux millions de personnes n’ont aucune source suffisante de nourriture et de revenus. La plupart sont des mères comme Amelia qui sont plus qu’accablées par la situation alors que des filles comme Patiente, pour leur part, font face à un avenir incertain.

« Je veux faire tout ce que je peux pour que Patiente puisse continuer de s’éduquer. Je ne veux pas de ce futur pour elle », glisse Amelia en pointant le petit abri de fortune que la famille a pour maison.

« J’espère ne pas devoir abandonner l’école à cause de la sécheresse, dit Patiente. Je souhaite devenir pilote. Un jour, je survolerai ces terres et verrai qu’il n’y a plus de sécheresse et que les récoltes poussent pour tout le monde. »


En nous offrant votre soutien dès aujourd’hui, vous aiderez des femmes et des filles comme Amelia et Patiente à surmonter les répercussions de la sécheresse.

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