Skip to content

« Nous avions si peur » : Fuir le conflit en Iraq

Déjà avant le début de l’offensive de Mossoul, il y avait 3,3 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Iraq. CARE apport un soutien vital à ceux qui ont fui les conflits dans d’autres régions du pays, en particulier les rescapés des Monts Sinjar en 2014.

Ils ont pris les jolies filles, me raconte Goze* depuis son logement temporaire dans un camp de réfugiés dans le nord de l’Iraq.

« Je ne sais pas ce qu’elles sont devenues », dit-elle sans conviction

On m’a par la suite raconté le sort brutal de ses voisins aux mains de militants : les femmes ont été violées et leurs maris, tués.

C’est une histoire déchirante qui revient sans cesse quand on parle aux familles qui vivent dans le camp de réfugiés de Berseve 1 où plus de 10 000 personnes déplacées vivent dans des tentes.

La plupart d’entre elles ont dû fuir leur foyer dans les Monts Sinjar il y a deux ans, quand des hommes armés ont envahi leur ville, traitant les habitants avec une violence épouvantable.

CARE a un rôle crucial dans le camp où vit Goze ainsi que dans trois autres dans la région, en s’assurant que les gens y ont accès à de l’eau potable, des toilettes et des douches et des installations de gestion des déchets.

Avec le financement du ministère des affaires étrangères de l’Allemagne, du Luxembourg et du Canada, CARE a pu soutenir plus de 45 000 personnes dans ces camps formels. CARE soutient également 7 000 personnes qui vivent dans des villages voisins qui ont du mal à faire front à l’arrivé de centaines de familles déplacées.

Même avant le début de l’offensive de Mossoul, il y avait déjà en Iraq 3,3 millions de personnes déplacées qui ne peuvent rentrer chez elles à cause des conflits. À travers le pays, il y a dix millions de personnes qui ont besoin d’aide humanitaire. Et ces chiffres augmenteront avec l’intensification des combats aux alentours de Mossoul.

Goze s’est enfuie avec son mari et leurs six enfants, marchant de nuit pour ne pas être capturés.

« Nous avions si peur », dit-elle.

« Pendant la journée, nous devions nous cacher et ne pas faire de bruit pour ne pas qu’on nous trouve. »

Au bout de sept jours, avec pour tout bien les vêtements qu’ils portaient et luttant contre le froid extrême de l’hiver, ils ont atteint Zakho, une ville du nord de l’Iraq près de la frontière turque.

C’est de là que la famille est parvenue à trouver refuge dans le camp de Berseve 1, récemment créé.

Si le fait d’avoir pu s’échapper est une chance pour Goze, c’est aussi un poids.

« Beaucoup de gens de notre famille n’ont pas pu s’échapper. Au début, nous arrivions encore à leur parler au téléphone. Mais depuis un an et demi, les lignes téléphoniques ont été coupées et nous n’avons plus aucune nouvelle. »

Quatre personnes de sa famille sont récemment arrivées au camp après avoir été retenu en otage pendant un an par les attaquants armés.

« Les enfants, dit-elle en éclatant en sanglots, les enfants avaient le même âge que les miens. C’est comme si c’était les miens, je souffre de savoir ce qu’ils ont vécu. »

Depuis deux ans, la famille de Goze vit dans deux tentes de quatre mètres sur quatre. À l’intérieur, il y a des matelas de mousse et c’est à peu près tout.

Les tentes sont installées en hauteur, sur une dalle de béton récemment construite par CARE.

Parmi les nombreuses contributions de CARE, dont les produits hygiéniques (serviettes hygiéniques, savon, dentifrice, etc.) et les articles ménagers (lessive, torchons, huile, etc.), les sols en béton sont l’une des choses les plus importantes, dit Goze.

Le jour où je lui rends visite, le soleil est chaud et la température taquine les 30 degrés. Ça s’est radouci, comparé à il y a deux mois quand la température dépassait souvent 45 degrés.

Dans deux mois à peine, la température sera en dessous de zéro. Les pluies débuteront au même moment et la fondation en béton est la seule façon d’éviter que leur logement ne devienne un bassin de boue.

Tous les enfants de Goze, sauf un, vont à l’école dans le camp.

Goze et son mari ont récemment dû prendre la décision difficile de retirer leur fils de 16 ans, Khalid*, de l’école.

« Mon mari doit avoir un revenu pour faire vivre notre famille de huit personnes. Quand il est malade, nous n’avons rien. Alors mon garçon doit l’aider. »

En dépit de la situation difficile de sa famille, Goze essaye de rester optimiste pour leur avenir.

« Nous ne sommes pas retenus en otage, tout va bien. Vivre ici ou ailleurs, ça n’a pas d’importance. Le principal, c’est que nous sommes en sécurité. »

Elle espère toujours pouvoir revenir un jour dans sa petite maison de briques crues à Sinjar.

« C’est une très vieille maison. Nous n’avions pas grand-chose mais nous étions heureux. Nous étions en sécurité [avant l’arrivée des militants]. »

Quand on lui demande ce qu’elle trouve difficile dans le camp, Goze rit :

« Pour commencer, on aimerait pouvoir faire la lessive plus près de notre tente. C’est à 17 tentes d’ici ! »

*Les noms ont été changés pour protéger l’anonymat de la famille.


Vous pouvez aider des familles comme celle de Goze qui ont été forcées de quitter leur foyer en Iraq. Envoyez une trousse de survie CARE avec des articles de première nécessité comme des couvertures, des nattes de couchage, des ustensiles de cuisine, des bidons pour l’eau et des moustiquaires.

Envoyez une trousse de survie CARE

TOUS LES CADEAUX ASSORTIS X2

40+ CADEAUX À CHOISIR