Le souhait d’un père syrien en cette nouvelle année : vivre en paix

Par Laury-Anne Bellessa, de CARE

Adulaleem reçoit un câlin de ses trois enfants et ça le fait sourire. Même s’il a tout perdu en Syrie, il garde espoir et nourrit des rêves pour eux.

« Les dernières années ont été difficiles, mais le plus important est que mes enfants soient en sécurité. Je ne veux pas qu’ils soient blessés, et je ne veux de mal à personne », dit Adulaleem en couvant des yeux sa petite tribu qui s’amuse pendant que son bébé de six mois dort paisiblement dans les bras de sa conjointe.

Afin de protéger sa famille, Adulaleem a décidé de fuir la Syrie, en 2013.

« Nous nous sommes déplacés durant deux jours pour traverser la frontière vers la Jordanie. Le parcours a été rude, surtout pour ma femme enceinte de cinq mois. Mais nous ne pouvions nous arrêter. Nous devions nous assurer que notre fils et notre bébé à naître étaient en sécurité. »

Adulaleem est reconnaissant de l’aide reçue. Il tente de demeurer positif même si les conditions de vie à Amman n’ont rien de réjouissant.

« L’an dernier, nous avons vécu dans un sous-sol où l’humidité a aggravé l’asthme de notre fils. C’est pour lui que nous avons trouvé cet appartement. Nous y vivons tous à même une seule pièce. C’est beaucoup mieux qu’avant, même si c’est loin d’être parfait. L’hiver, nous nous assoyons près du vieux radiateur que nous avons pu réparer, explique Adulaleem en parcourant les lieux du regard. De toute façon, nous n’avons nulle part ailleurs où aller. »

La nouvelle année marque la continuité de l’exil de la famille. Adulaleem espère que la situation ira en s’améliorant, tant pour lui que pour les siens.

« J’aimerais retrouver ma dignité et être en mesure de prendre soin de ma famille par moi-même. Je ne veux plus dépendre des autres. Je ne veux plus être autant endetté. Je dois encore de l’argent à mes voisins. Tout ce qui m’importe aujourd’hui, c’est d’avoir un revenu stable. »

Adulaleem trouve souvent difficile de payer le loyer et de subvenir aux besoins de sa famille. CARE l’a soutenu en lui offrant une aide financière. Sa famille reçoit aussi chaque mois des bons d’alimentation du Programme alimentaire mondial. Ça suffit à nourrir la famille, mais ça ne permet pas de préparer des repas sains et variés.

« C’est sûr que nous aimons savourer un bon repas, confie Adulaleem avec un rire de dérision. Mais c’est notre situation financière qui a le dernier mot. Nous pouvons acheter du riz, des pâtes et quelques légumes mais, la plupart du temps, nous ne pouvons pas acheter de viande. »

Lorsque Mohammed, six ans, a commencé à perdre ses cheveux, ses parents lui ont fait passer des tests médicaux. Résultats : le médecin a noté une carence importante en fer causée par un manque de protéines. La santé du garçon était affectée.

« Nous dépendons de ce que nous gagnons. Dans la ville de Homs, en Syrie, je possédais un magasin de meubles. Ici, je suis prêt à faire n’importe quel travail. Bien souvent, je transporte des charges lourdes destinées à des magasins, comme des sacs de farine pour des boulangeries. C’est notre seule source de revenus. En ce moment, je n’ai pas assez pour acheter de la viande ou des médicaments pour ma famille, précise Adulaleem, 39 ans, qui doit aussi tolérer des douleurs au dos créées par tous les petits boulots exigeants qu’il enchaîne.

Comme la nouvelle année ouvre un nouveau chapitre d’espoir, Adulaleem se permet de formuler un souhait :

« Je prie pour que la situation en Jordanie demeure stable. Nous remercions ce pays de nous avoir accueillis. Où iraient tous les réfugiés s’ils devaient quitter la Jordanie? Mon vœu le plus cher est que la paix revienne en Syrie et ailleurs dans le monde. Vivre en paix, c’est ce qu’il y a de plus important. »


Vous pouvez aider des familles comme celle d’Adulaleem en soutenant les efforts de CARE pour rétablir la dignité des réfugiés syriens.

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