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Le leadership au féminin en Inde : petits changements, grandes différences

Par Mara O’Brien James, vice-présidente, Efficacité organisationnelle, CARE Canada

Lors d’une récente visite au bureau de CARE en Inde, j’ai eu le plaisir de discuter avec Swoti, une jeune Indienne membre du programme Leadership au féminin que CARE supervise dans la province de Bihar. Son histoire m’a profondément touchée.

« Ma tante et mon oncle m’ont dit que je devais me marier. Je leur ai répondu que le mariage d’enfants est illégal en Inde, mais ils ont répliqué que cette loi ne s’appliquait pas à nous. J’ai renchéri que la loi s’applique à tout le monde, comme je l’avais appris à l’école. Mon cousin devrait être encore à l’école, et non pas se marier. Je leur ai dit que ce qu’ils faisaient était illégal, et ils ont commencé à réviser leur croyance. J’ai aussi parlé avec mes parents de ce sujet-là. Et aussi avec mon cousin. Je lui ai dit que si ses parents voulaient le forcer au mariage, nous pouvions aller voir la police et demander de l’aide. C’est la loi. Aujourd’hui, mon cousin a échappé au mariage, qui a été annulé. Ça me réjouit. »

Dans plusieurs régions de l’Inde, le renforcement de l’autonomie des filles n’est pas considéré comme important. Les femmes et les filles ne disposent pas des ressources et des structures qui leur permettraient d’être sur un pied d’égalité avec les hommes et les garçons. L’école est l’un des exemples illustrant le mieux cette disparité. Mais CARE travaille à changer cette situation.

Dans plus de 200 écoles primaires et intermédiaires de la province de Bihar, une transformation des rôles entre les garçons et les filles s’effectue lentement. Les filles apprennent qu’elles peuvent aspirer à devenir des leaders.

« Dans les écoles, les filles avaient une participation passive au quotidien, alors elles passaient au second rang, après les garçons, explique Dr Renu Golwalker, un spécialiste des questions de genre chez CARE. Les filles étaient désavantagées dans presque tout. »

Quand je visitais une école, on me disait que c’était les filles qui aidaient à préparer les lunchs. Une fois que les garçons et les filles avaient mangé, c’était encore les filles qui restaient pour tout nettoyer. Les filles ne participaient jamais au Parlement des élèves et n’avaient donc aucun pouvoir décisionnel sur rien. Les filles et les garçons étaient toujours séparés dans les cours d’éducation physique, parce que tous croyaient que les filles ne pouvaient pas suivre le rythme des garçons.

Le directeur et le personnel de l’école étaient réceptifs au changement. Ils ont donc accueilli d’un œil favorable la mise en place du programme Le leadership au féminin.

« CARE nous a enseigné que des changements tout simples peuvent faire de grandes différences dans la façon de penser des filles et des garçons, affirme Arwali, le directeur de l’école. Notre programme Le leadership au féminin a aussi modifié l’état d’esprit des enseignants. Nous nous sommes posé la question : pourquoi s’attend-on toujours à ce que ce soit les filles qui passent derrière les garçons pour tout nettoyer? Ce n’est pas juste. »

Maintenant, plusieurs changements ont été apportés et ils auront un impact durable.

La bibliothèque de l’école compte aujourd’hui des collections de livres qui valorisent la force des femmes dans la culture indienne. Les filles et les garçons sont maintenant réunis dans les cours d’éducation physique, et les filles soulignent avec fierté qu’elles gagnent souvent dans les jeux et les compétitions. Les garçons n’hésitent plus à confirmer les talents des filles et à soutenir qu’ils ne voient aucun inconvénient à faire la vaisselle après les repas scolaires, bien au contraire.

Et cette année, c’est une fille qui a été élue au poste de premier ministre du Parlement des élèves. Autant les garçons que les filles disent qu’elle accomplit un super boulot.

Sumali, la responsable des projets pour CARE en Inde, insiste pour souligner les avantages du programme pour les garçons.

« Le mariage d’enfants… les filles qui doivent faire la vaisselle après le lunch… il n’y a rien de bien là-dedans pour les garçons non plus. Quand on décloisonne la façon de penser des garçons, on améliore les choses pour tout le monde. »

Tous les enseignants et les élèves sont enthousiastes devant les progrès réalisés.

« Je ne fais pas que penser à cela à l’école, dit un garçon parmi les plus vieux. Maintenant, j’aide aussi ma mère à tout ramasser après les repas à la maison. Ça me vient naturellement. »

L’école prévoit accueillir plus d’étudiants l’an prochain. Et les enseignants se réjouissent de voir qu’encore plus de filles et de garçons participeront au programme Le leadership au féminin.

Presque toutes les 200 écoles de Bihar assistent à la même expérience de transformation. Le personnel de CARE est fier d’avoir contribué à ce changement durable qui aura une incidence positive sur les générations à venir.

Et la belle Swoti? Elle est très active dans le club Le Leadership au féminin. Chaque semaine, elle réunit des filles et discute avec elles de l’égalité entre les sexes. Plus tard, dit-elle, elle espère devenir policière.

Apprenez-en plus au sujet du travail de CARE pour autonomiser des femmes et des filles et les aider à se sortir de la pauvreté, elles, leur familles et leur communauté.

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