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Somalie : sécheresse généralisée, nulle part où aller

Par Anders Nordstoga, agent d’information, CARE

Nura Abdi Nuur, une mère de sept enfants dont l’âge varie de 8 mois à 30 ans, semble épuisée mais déterminée. D’un bras, elle tient son petit dernier et, de l’autre bras, elle tente de le protéger du soleil brûlant.

Jusqu’à il y a 4 mois, les membres de la famille vivaient comme des bergers, gardant plus de 200 chèvres et d’autres animaux dans une région éloignée et montagneuse de Somaliland.

À la fin de 2015, alors que la saison sèche habituelle était censée être terminée, la pluie n’est jamais venue. Il n’y a pas eu de pluie non plus en 2016 durant la grande saison des précipitations, laquelle a normalement lieu de la fin mars à juin. La saison des pluies suivante a aussi été sèche et désastreuse. La famille a donc été plongée dans une crise de la faim au terme de 2016.

« Nos problèmes ont commencé il y a plus d’un an. Pendant un moment, nous avons eu de l’eau à boire, mais plus maintenant. Dans les montagnes, il n’y avait pas d’eau, pas de nourriture et pas d’aide. Nous nous sommes donc rapprochés d’une route. La plupart de notre bétail est mort », raconte-t-elle.

« C’est la pire sécheresse jamais vécue. Avant, nous avons toujours pu trouver de quoi à manger et à boire. Mais aujourd’hui, tout le pays est à sec. »

Sur la route, la famille a trouvé un moyen de transport pour les enfants et a fait halte dans un camp improvisé où se trouvaient d’autres familles affectées par la sécheresse. L’avantage de ce camp est qu’il assurait deux choses importantes : un point d’eau et de l’aide. Pour s’y rendre, les adultes ont dû parcourir à pied plus de 90 km.

Même si le camp offre des biens de première nécessité aux gens ayant tout perdu, la vie est loin d’y être facile. Les familles vivent dans de petites huttes faites de branches et de couvertures. En raison de la malnutrition, des conditions non hygiéniques et de l’eau de plus en plus salée tirée du puits, les maladies comme l’influenza et les problèmes gastriques sont fréquents. Nura nous souligne que plusieurs de ses enfants ont une mauvaise toux et la diarrhée.

« Nous sommes devant rien : pas de nourriture, pas d’eau, pas de revenus stables. Au moins maintenant, nous avons commencé à recevoir de l’argent de CARE pour du travail que nous faisons. Il nous servira à acheter des aliments et de l’eau douce. Avant l’arrivée de CARE le mois dernier, nous étions laissés à nous-mêmes, ne prenant qu’un repas par jour, le soir », explique Nura.

Avec le projet « rémunération contre travail » de CARE, les participants gagnent 100 $ pour 20 jours de travail à horaire variable. Ils assainissent un cours d’eau, enlevant les détritus et excréments d’animaux qui s’y trouvent, ce qui assure une eau assez propre pour que le bétail s’y abreuve. Quelque 13 000 personnes profitent de projets similaires mis en place par CARE dans les régions de Sanaag et Sool, toutes deux fortement touchées par la sécheresse à Somaliland.

La plupart des personnes qui nettoient le cours d’eau sont des femmes. Les maris, eux, sont occupés à veiller sur les animaux encore vivants ou ont dû s’éloigner pour chercher du travail ailleurs. Le mari de Nura, pour sa part, a dû rester dans les montagnes.

« La vie est plus dure sans mon mari, mais il devait surveiller le peu qu’il nous reste. Ça me rend triste que nous soyons séparés. »

Naturellement, Nura espère que les pluies saisonnières d’avril viendront, mais elle s’en inquiète aussi : « S’il pleut, l’eau s’infiltrera dans notre abri. Nous n’avons pas de toile plastifiée. »


Depuis trois ans, la Somalie n’a à peu près pas reçu de pluie. Même si les gens ont l'habitude de subir de graves sécheresses, celle-ci est la pire qu’ils ont connue. On rapporte même qu’elle est la plus dramatique et sévère enregistrée ces deux derniers siècles. Au moins 6,2 millions de personnes – plus de la moitié de la population – ont besoin d’aide.

En 2011, lorsque la sécheresse a mené à l’état de famine, plus de 260 000 personnes sont mortes. À cette époque, il n’y avait que certaines régions du pays qui étaient affectées. Cette fois-ci, c’est toute la Somalie en entier qui est privée de pluie, ainsi que l’Éthiopie et le Kenya. Les gens n’ont nulle part où aller. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’un autre état de famine catastrophique soit déclaré.

Les régions de Sanaag et de Sool à Somaliland – un État du nord de la Somalie proclamé indépendant – figurent parmi les plus touchées par la sécheresse. Quand les premiers signes de la crise sont apparus en octobre 2016, CARE n’a pas tardé à soutenir les communautés vulnérables en leur procurant des fonds pour acheter des vivres et de l’eau – les prix avaient en plus grimpé en flèche. Au fur et à mesure que la situation a dégénéré, CARE a élargi son aide vitale et offert davantage de ressources et d’aide.

Jusqu’à présent, CARE a fourni de la nourriture, de l’eau, de l’argent et des biens essentiels à plus de 303 000 personnes pour leur permettre d’affronter la sécheresse. CARE travaille aussi avec les communautés pour protéger les femmes et les filles victimes de violences sexuelles, en plus d’offrir du soutien aux survivantes d’agressions sexuelles. Dans les prochains mois, CARE prévoit aider 1,2 million d’autres personnes. En savoir plus >>

Aidez-nous dès aujourd’hui à sauver la vie des gens qui souffrent de la famine en Somalie.

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