Entrevue : Maxime Michel de CARE Canada

Il n’y a que de bons mots à dire sur les employés de CARE. Le temps qu’ils consacrent à donner et à se donner, leur engagement et leur passion ont réellement eu des répercussions positives sur des millions de personnes vivant dans la pauvreté.

Voici l’un des membres inspirants de CARE Canada. Il s’agit de Maxime Michel, une chargée de projets de l’Équipe d’aide humanitaire et de secours d’urgence (EAHSU) de CARE. Elle confie ici ce qui l’allume dans son travail pour CARE Canada et ce qui la motive à faire tout ce qu’elle fait.

Quel est votre rôle pour CARE Canada?

Je suis chargée de projets dans l’Équipe d’aide humanitaire et de secours d’urgence (EAHSU). Je travaille avec les équipes de CARE à travers l’Afrique afin de trouver des fonds pour leurs interventions d’urgence et aussi pour les aider à offrir la meilleure assistance axée sur les besoins spécifiques des personnes les plus vulnérables, soit les femmes et les filles.

Tous les jours, je discute de la construction de points d’eau au Cameroun, j’apprends des choses sur les maisons que nous avons construites pour les personnes déplacées au Tchad ou encore je m’efforce de renforcer notre plan de suivi et d’évaluation pour réagir au phénomène El Niño en Éthiopie.

Je travaille pour CARE depuis trois ans. Je gère les programmes d’intervention d’urgence dans une dizaine de pays à travers l’Afrique et le Moyen-Orient. Ça peut aller des conflits jusqu’aux catastrophes naturelles.

Je voyage fréquemment pour soutenir des collègues locaux dans leurs efforts de travail et leurs interventions. J’ai récemment passé quelques mois en Irak, en Syrie et en Jordanie afin de lancer trois nouveaux projets.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre travail?

Ce que je préfère, c’est de collaborer avec mes collègues des bureaux nationaux. Je suis impressionnée par les travailleurs humanitaires qui font du bien dans le monde et aussi par leur volonté d’améliorer la vie des gens dans leur propre pays. Par exemple, ma collègue Fatouma du Niger est une fervente défenseure des droits des femmes et des filles lors des situations d’urgence. Ça me fascine de travailler avec elle.

Dans le cadre de mon travail, je cherche à obtenir du soutien gouvernemental pour soutenir nos efforts importants lors de crises. C’est toujours un défi, parce que les ressources sont limitées et que de nombreuses organisations méritent de recevoir du soutien, encore plus particulièrement quand les besoins sont pressants. Ça me remplit de joie lorsque nos projets obtiennent le feu vert. Rien ne me fait plus plaisir que de confirmer à des bureaux nationaux qu’ils recevront notre appui!

Je me sens privilégiée de pouvoir visiter nos équipes et nos projets partout dans le monde. Bien sûr, je vois des gens qui vivent des épreuves et des souffrances. Mais le fait d’être sur le terrain et au cœur des réalités me permet de mieux expliquer à mes collègues et aux donateurs les crises qui se vivent.

Quel est le plus grand défi qui attend aujourd’hui le milieu humanitaire?

L’ampleur des besoins humanitaires est sans précédent aujourd’hui. Les demandes en aide humanitaire ont doublé entre 2004 et 2014.

Pourquoi? Pour toutes sortes de raisons, dont les changements climatiques, les bouleversements géopolitiques, l’urbanisation, la migration et la hausse des inégalités.

Près de 130 millions de personnes ont besoin d’aide, et les organisations tentent d’apporter leur soutien à 90 millions d’entre elles. À peine le tiers des fonds nécessaires pour offrir de l’assistance à ces gens ont été amassés.

Le plus grand défi pour notre secteur sera de savoir nous adapter aux besoins exponentiels. Nous ne pouvons plus aider comme nous le faisions.

Il sera essentiel de privilégier des interventions basées sur des ressources financières et de faire en sorte qu’il y ait de plus en plus une appropriation locale de ces interventions.

Pourquoi croyez-vous que CARE agit différemment des autres organisations?

Je crois que ce qui distingue CARE des autres organisations, c’est l’attention marquée qu’elle porte aux femmes et aux filles. Comme le dit l’expression, « les bottines suivent les babines ». Nous faisons ce que nous disons.

CARE a pris des engagements incroyables pour orienter ses interventions d’urgence vers les besoins particuliers des femmes et des filles. Nos équipes partagent tous ces engagements. J’aime voir des spécialistes en systèmes de distribution d’eau et en installations sanitaires veiller à ce qu’il y ait des produits pour l’hygiène menstruelle dans toutes les distributions que nous effectuons. Même s’ils sont importants, les besoins à cet égard sont souvent oubliés, spécialement lors des situations de crise.

Hawa Mahmat RCA-CARE Canada Chad Returnee Danamaja

Quelle est l’expérience qui a eu le plus grand impact sur vous?

Au début de 2015, j’étais assise dans la tente d’un camp de réfugiés dans le sud du Tchad durant une distribution d’argent de CARE. Pour un troisième mois consécutif, nous avons donné 60 $ à des familles afin qu’elles satisfassent certains de leurs besoins. Des rapatriés – des Tchadiens ayant fui la République centrafricaine – m’ont raconté leurs histoires, les uns après les autres, détaillant des horreurs sans nom vécues par eux et leurs proches avant leur arrivée au camp. À ce moment-là, dans cette tente du sud du Tchad, j’ai compris que j’avais choisi la bonne profession.

Dans quel pays non encore visité rêvez-vous d’aller?

Je n’ai jamais mis les pieds au Nigéria, où CARE a récemment débuté des activités et où une crise humanitaire massive a lieu depuis plusieurs années. J’ai participé de près aux interventions reliées aux conflits qui se déroulent au bassin du lac Tchad, lequel couvre le Niger, le Tchad et le Cameroun. Ces pays accueillent des gens qui ont fui le Nigéria en raison d’intenses violences.

J’adorerais voyager en Syrie. Comme j’ai participé aux interventions pour soutenir les réfugiés syriens au Liban, en Jordanie et ici au Canada, j’ai découvert indirectement la Syrie. J’espère avoir un jour la chance d’explorer ce pays. J’espère surtout que la paix y régnera à nouveau pour le peuple syrien.

Que voudriez-vous que les Canadiens sachent à propos du travail humanitaire?

Les Canadiens sont très généreux lorsqu’il s’agit d’aider les gens en temps de crise. Les organisations du Canada, financées par les contribuables canadiens, offrent un soutien vital duquel nous pouvons tous être très fiers. Comme l’envergure des besoins est gigantesque, toute aide est la bienvenue et fait la différence pour des familles. Lors de mes voyages, j’ai rencontré une foule de personnes qui sont reconnaissantes de l’aide venue du Canada. J’aimerais transmettre à mes compatriotes canadiens les mercis qui leur reviennent.