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Un jour dans la vie d’une travailleuse humanitaire du Yémen qui procure de l’eau potable

Trois ans après la flambée de conflits qui l’a fait basculer, le Yémen est le pays qui affiche les besoins humanitaires les plus importants au monde. Plus de 70 % de la population nécessitent une forme quelconque d’aide humanitaire, des millions de personnes n’ont pas accès à de l’eau potable et plus de 60 % des Yéménites sont affectés par de graves pénuries alimentaires. Ces dures réalités sont aggravées par une inquiétante épidémie de choléra. Le système de santé est sur le point de s’effondrer et d’autres services publics se raréfient.

Dans le gouvernorat d’Hajja au Yémen, CARE assure de l’aide vitale d’urgence aux communautés, fournissant de l’eau, améliorant l’accès à de la nourriture et favorisant les possibilités d’emploi.

Mona Mubarak Al Kawkabane est l’une des agentes de terrain au Yémen. Au cours des trois dernières années, elle et ses collègues ont vu de près les effets dévastateurs des conflits prolongés au Yémen. Elles ont passé chaque minute à aider des gens de leurs communautés à passer à travers des situations présentant de lourds défis.

Mona partage un petit appartement en ville avec ses collègues Ola et Kayeleh. Les trois femmes ne sont pas originaires de Hajjah et n’ont aucune parenté dans cette ville. Il leur a donc fallu un moment pour s’adapter à vivre là-bas, puisque les femmes au Yémen n’ont pas l’habitude de vivre seules. Ensemble, elles se sont soutenues, et c’est cette complicité qui a fait leur force.

CARE female aid worker provides clean water in Yemen

6 h

Mes collègues et moi partons très tôt pour le travail, étant donné que la plupart des villages sont à bonne distance et supposent jusqu’à quatre heures de route. Hajjaj est une région montagneuse et les chemins y sont difficilement praticables.

Nous devons nous arrêter à de nombreux points de contrôle de sécurité où il nous faut attendre plusieurs heures avant d’obtenir l’autorisation de poursuivre nos déplacements. Souvent, on nous demande d’être accompagnées d’un « gardien » (Mahram), ce qui signifie que les femmes doivent voyager en compagnie de leur mari, de leur père ou d’un frère. Cette exigence retarde nos missions ou même les interrompt complètement parfois.

Dans les villages, notre équipe visite les familles dans leur foyer et discute avec elles pour mieux évaluer leurs besoins. Presque toutes les familles ont des besoins gigantesques et espèrent n’importe quelle forme d’assistance.

CARE water distribution in Yemen.

10 h

Dans le village d’Al Shagadra, situé tout en haut d’une montagne, j’échange avec Aysha, une jeune fille de 16 ans qui, jusqu’à tout récemment, devait marcher durant trois heures pour remplir une bouteille de 10 litres d’eau. Sur le chemin du retour, elle ne pouvait s’empêcher d’en boire une grande partie, accablée par la chaleur et la fatigue. Le puits et le réservoir où elle puisait son eau étaient sales.

Depuis, CARE a construit un puits dans le village, ce qui a drastiquement réduit la distance de marche pour les femmes et les filles comme Aysha. L’eau est aussi régulièrement analysée et traitée pour en éviter la contamination, permettant aux familles comme celle d’Aysha d’utiliser de l’eau pour boire et cuisiner.

15 h

Les familles que nous rencontrons sont généreuses et nous invitent souvent à partager un repas avec elles malgré la pénurie alimentaire. Même en pleine crise, les Yéménites affichent un grand sens de l’hospitalité. C’est évidemment une motivation pour en faire encore plus pour les aider. Selon ce que nous avons accompli dans la journée, notre équipe décide de rester pour passer la nuit au village ou alors elle retourne en ville.

19 h

Presque tous les soirs, je songe à ma vie et aux raisons qui m’incitent à aider des gens. Je me souviens que, enfant, je m’assoyais devant ma maison et je regardais les autres enfants aller à l’école. Un jour, je les ai suivis. Mon père était très fâché et m’a demandé pourquoi je m’étais rendue à l’école sans sa permission. Ma réponse a été spontanée : parce que je voulais apprendre. J’ai vu le visage de mon père s’emplir d’émotions et, finalement, il m’a laissé la chance de m’instruire. Aujourd’hui, je suis la première femme de mon village à avoir obtenu un diplôme universitaire.

Je sais que je travaille là où je suis la plus utile. Je continuerai d’aider, car ça me rend heureuse. C’est ma plus grande réalisation.


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