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La crise des réfugiés au Bangladesh : « Quand je pense au Myanmar, c’est de mon père dont je m’ennuie le plus »

 

Roida a 10 ans. Elle vient d’un village du Myanmar. Elle a fui avec sa famille la flambée de violence qui sévit au Myanmar. Elle est arrivée au Bangladesh comme réfugiée en septembre 2017. Elle vit maintenant dans le camp de rohingyas de Balukhali. Elle habite dans un abri de fortune avec sa mère, son père ainsi que ses frères et sœurs. Son frère Abdu, marié et père d’un bébé, habite aussi dans la tente avec sa petite famille. Roida a recueilli des vivres pour les siens dans un centre de distribution de CARE Bangladesh.

Roida raconte son histoire

« Des hommes ont surgi dans notre village, criant et tirant sur nous pour nous tuer. Ils ont mis le feu à nos maisons. On a dû s’enfuir. On est revenus à notre foyer situé en bordure du village.

« Il nous a fallu faire très vite. Je n’ai eu qu’une heure pour me préparer et réunir quelques petites choses. En fait, je n’ai pu apporter qu’un sac de vêtements. C’est tout, rien d’autre. Je suis partie et, quand je me suis retournée, le village brûlait.

« J’ai dû marcher durant quatre jours pour me rendre au camp de réfugiés. J’ai trouvé ça très dur. Pas de nourriture pour nous donner des forces et pas de lieu pour dormir autre que le bord de la route.

« Nous vivons ici depuis 20 jours. Le pire de tout, ce sont les toilettes. Il n’y en a que deux pour tout le monde, et elles sont toujours sales et occupées. Ça me prend 10 minutes pour m’y rendre, et ensuite je dois faire la file.

« L’autre chose que je déteste, c’est d’aller chercher de l’eau. Le robinet se trouve au bas de la colline, ce qui fait que je dois transporter l’eau pour remonter sur mon chemin. C’est lourd et j’ai peur de tout renverser. Ici, il n’y a pas d’endroit où on peut se laver et aucune intimité.

« Je prends deux repas par jour. D’habitude, je mange du riz, et parfois on a du poisson séché et quelques légumes. Je vais garder ça [un repas de riz cuisiné fourni par CARE] pour le souper. C’est bon, mais je préfère le riz nature.

« J’ai fréquenté l’école il y a trois ou quatre ans. Mais des hommes armés sont entrés dans l’école et en ont pris le contrôle. L’école est donc fermée. Je n’y ai pas remis les pieds depuis ce temps.

L’histoire d’Abdo, le frère de Roira

« Quand les hommes armés se sont approprié l’école, ils en ont fait une place pour travailler et dormir. Il était impossible pour les enfants d’y étudier.

Tous les jours, on passe notre temps à réfléchir à des moyens d’améliorer notre vie et de retourner vivre au Myanmar. Quand nous serons inscrits en bonne et due forme ici, je pense que tout va mieux aller.

Hossein is a seven year-old refugee from Myanmar. He is now living in Balukhali camp in Bangladesh

« Ce qu’on souhaiterait que les gens sachent, c’est qu’on veut être libres de nos mouvements. On veut vivre dans le lieu où nous sommes nés et, avant nous, où ont grandi nos parents. On veut récupérer nos droits et notre dignité. On veut que notre identité soit reconnue. Est-ce trop demander? »

Hossein a sept ans. Il vient d’un village du Myanmar. Il vit aujourd’hui dans le camp de Balukhali, au Bangladesh, avec sa mère, ses frères et ses sœurs. Lui et les siens partagent un abri avec une famille monoparentale. Il n’y a qu’une mince cloison qui sépare les deux familles. C’est Hossein qui va chercher la nourriture qu’offre le centre de distribution de CARE.

Hossein raconte son histoire

« Il y a quelques mois, mon père a été arrêté au Myanmar. C’est donc moi l’homme de la maison maintenant. Même si mon frère est plus grand, c’est moi le plus vieux et c’est à moi d’assumer les responsabilités.

« J’aime aller chercher la nourriture pour ma famille. Je veux que ma mère, mes frères et mes sœurs soient contents et en santé. J’aime le riz. Et je m’assure toujours que le bébé mange en premier.

« Ça fait maintenant 26 jours que je suis ici. On vit avec d’autres femmes et d’autres familles, tout le monde ensemble, tout près les uns des autres. On se sent donc en sécurité. La nuit, il y a beaucoup de bruits, mais j’essaie de ne pas avoir peur.

« Quand je pense au Myanmar, c’est de mon père dont je m’ennuie le plus. »

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