Travailler pour aider les réfugiés

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, nous célébrons ceux qui font la différence dans la vie des réfugiés, ici au Canada et à l’étranger. Avez-vous déjà envisagé d’exercer un travail qui vient en aide aux nouveaux arrivants? Avez-vous déjà cherché des petites façons d’aider en grand? Le groupe d’experts que vous apercevez ci-dessous peut vous faire découvrir des moyens d’apporter votre aide.

Sally Dimachki, Project Coordinator at Refugee 613

Sally Dimachki
Chef de projet – Refugee 613

En quoi consiste votre rôle de coordonnatrice à Réfugié 613?

Réfugié 613 est une coalition de citoyens, d’organisations d’établissements et de partenaires communautaires qui fournit aux réfugiés les éléments nécessaires à une intégration réussie. Nous ne fournissons pas des services de première ligne. Nous offrons des informations, des liens et des sources d’inspiration à nos partenaires, au public et aux réfugiés nouvellement arrivés. Nous collaborons avec les écoles, les groupes de bénévoles, les groupes de parrainge privés et les groupes communautaires pour nous assurer qu’ils ont les connaissances, la formation et les moyens d’information et de mobilisation essentiels pour soutenir les réfugiés à Ottawa.

Pourquoi avez-vous décidé de vous intéresser aux réfugiés?

Comme je suis Syrienne, j’ai beaucoup de membres de ma famille qui sont des réfugiés. Arrivée au Canada en tant qu’immigrante, je trouve naturel de soutenir localement les réfugiés à Ottawa en écho à la crise mondiale des réfugiés. Je crois qu’il est important de s’assurer que les nouveaux arrivants disposent des bons outils pour réaliser leur plein potentiel. J’ai vu l’effet positif généré par l’accueil des réfugiés dans la communauté. Ça unit les familles, les quartiers et même les collègues. Ça façonne une ville plus forte!

Comment les Canadiens peuvent-ils aider les réfugiés?

Chez Réfugié 613, nous aimons montrer aux gens qu’il est tout simple de trouver des façons de soutenir les réfugiés, que ce soit en se renseignant sur ce qu’ils vivent, en parrainant un réfugié, en faisant un don à des organismes soutenant des réfugiés ou en devenant bénévole. Aider, ça peut également signifier être un voisin accueillant ou briser des préjugés sur les réfugiés dans sa propre famille ou son cercle d’amis. Chaque petit geste compte!

Senator Ratna Omidvar

Sénatrice Ratna Omidvar

Que représente votre rôle de marraine d’une famille de réfugiés?

Il y a quelques années, j’ai fondé Team Everest et aidé à parrainer deux familles de réfugiés syriens dans le cadre de l’initiative Lifeline Syria de l’Université Ryerson. En tant que parrains privés, nous nous portons garants de familles de réfugiés durant leur première année au Canada. Avant même que ces familles arrivent à Toronto, nous amassons des fonds pour elles et élaborons des plans de réinstallation. Les membres de mon équipe et moi-même consacrons une grande partie de notre temps à nous assurer que les familles de réfugiés sont bien établies dans la communauté. Nous organisons notamment des activités les fins de semaine et faisons des appels téléphoniques en fin de soirée pour les aider à s’inscrire à des cours de langue et à trouver des mentors en milieu de travail.

Pourquoi avez-vous décidé de vous intéresser aux réfugiés?

J’aide les réfugiés parce que j’en ai été une. Quand j’étais jeune, mon conjoint et moi avons dû fuir l’Iran avec notre premier enfant durant une révolution violente. Je sais personnellement comment un déplacement forcé change à jamais une vie et à quel point le système mondial de réfugiés peut paraître complexe et apeurant. J’aurai donc toujours à cœur le sort des réfugiés.

Comment les Canadiens peuvent-ils aider les réfugiés?

Le parrainage privé de réfugiés offre aux Canadiens un moyen tangible d’atténuer les crises de réfugiés partout dans le monde, et ce, à une échelle locale. Il permet de poser de bons gestes avec des proches, des amis, des voisins et des collègues et d’aider, ici même, des réfugiés de l’étranger qui ont fui la violence et les persécutions. Que vous parrainiez un réfugié ou que vous encouragiez les gens de votre communauté par un don en argent ou en donnant des meubles, vous faites une différence incroyable en favorisant l’accueil d’un nouveau venu dans votre communauté.

Jean-Nicolas Beuze, UNHCR Representative in Canada

Jean-Nicolas Beuze
Représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés au Canada

En quoi consiste votre rôle de représentant pour l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés au Canada ?

Mon rôle consiste à soutenir, avec mon équipe, les efforts du gouvernement, des organisations de la société, des médias et du grand public en faveur des 68,5 millions de personnes déplacées dans le monde. Dans la vie de tous les jours, ça signifie s’occuper de trouver des dons financiers, de réinstaller des réfugiés, de favoriser le parrainage privé de réfugiés au Canada ou encore de maintenir ouvertes les frontières canadiennes afin que ceux qui fuient les conflits et les persécutions trouvent une belle terre d’asile au Canada.

Pourquoi avez-vous décidé de vous intéresser aux réfugiés?

Les réfugiés, les personnes déplacées et les apatrides sont parmi les personnes les plus vulnérables. Être obligé de quitter son foyer, c’est probablement l’une des expériences les plus terribles. C’est une option de dernier recours, quand la souffrance n’est plus tolérable. Au fil des ans, j’ai été témoin de beaucoup d’histoires de résilience et de force des réfugiés – souvent très pauvres – et des communautés qui les ont accueillis. Pour moi, il y a peu d’expériences plus enrichissantes que de donner une voix aux réfugiés et de les aider à réaliser leurs aspirations.

Comment les Canadiens peuvent-ils aider les réfugiés?

Chaque Canadien peut faire quelque chose. Ça peut être de prendre le temps d’aider des demandeurs d’asile et des réfugiés à s’intégrer dans la société canadienne ou encore d’envoyer des fonds à des organismes venant en aide aux réfugiés ici ou d’ailleurs. Les Canadiens peuvent aussi demander aux élus d’en faire encore plus pour les réfugiés du monde entier et sensibiliser les gens aux réalités des réfugiés. Le Canada – et le reste de la planète – pourra ainsi demeurer un pays compatissant envers ceux qui ont besoin de nous.

CARE's Jessie Thomson

Jessie Thomson
Directrice principale, Partenariats en matière de changement mondial, CARE Canada

En quoi consiste votre rôle chez CARE Canada?

Il consiste à diriger le programme d’innovation de CARE, à établir des partenariats stratégiques et à soutenir le développement de programmes pour maximiser la portée du travail de CARE en faveur des réfugiés et des communautés déplacées. Je représente aussi CARE en tant que membre du Conseil mondial pour les réfugiés, présidé par l’ancien ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy. Cet organisme réunit des leaders et des innovateurs de tous les coins du globe.

Pourquoi avez-vous décidé de vous intéresser aux réfugiés?

Quand j’avais 20 ans, j’ai marrainé un réfugié afghan au Canada. Je me souviens d’avoir accueilli Arash à l’aéroport à son arrivée. Ça m’a transformée. Arash m’a appris l’amitié et l’espoir. Il m’a fait réaliser ce que vivent les gens déplacés et mes privilèges comme Canadienne.

Comment les Canadiens peuvent-ils aider les réfugiés?

Par de petits gestes de gentillesse. C’est toujours inspirant de voir le peu de temps qu’il faut pour aider de nouveaux arrivants à surmonter les petits défis auxquels ils sont confrontés à leur arrivée au Canada. Ça peut sembler banal d’aider quelqu’un à remplir un formulaire ou de lui expliquer quoi faire dans un bureau gouvernemental. Mais c’est si utile. Peut-être ne vous souviendrez-vous pas de vos petits coups de main, mais les nouveaux arrivants, eux, en garderont un souvenir reconnaissant. Je prends toujours le temps de rencontrer des réfugiés récemment arrivés au Canada. Même si mon horaire est chargé, je trouve quelques minutes pour aller vers eux. Si je peux aider à ouvrir des portes, à souhaiter une chaleureuse bienvenue à des gens ou à faire en sorte que quelqu’un se sente moins seul, ça me fait plaisir. J’ai alors l’impression de faire ma part pour qu’Ottawa soit un endroit accueillant et inclusif.