Un festival des enfants réunit des familles syriennes et turques

Plus de 1 000 enfants et parents de la Syrie et de la Turquie ont pris part au tout premier Festival d’enfants Kilis, organisé par CARE et la municipalité de Kilis dans un stade de football du sud-est de la Turquie.

Pinar Cetinkaya, la responsable de la protection pour CARE Turquie, explique :

« Nous sommes vraiment heureux de nous être unis avec la municipalité de Kilis. C’est une ville idéale pour célébrer la diversité, parce que Kilis abrite plus de réfugiés syriens que de ressortissants turcs. »

« L’événement visait à rassembler des gens, à permettre aux enfants de jouer ensemble et d’interagir les uns avec les autres, peu importe la nationalité de chacun. Il a donné la chance aux mères de se rencontrer et de passer un bel après-midi. À cette période de l’année, alors que les vacances scolaires ont commencé, les mères n’ont pas une seconde à elles. Elles doivent constamment surveiller leurs enfants et ne peuvent s’éloigner de la maison. Le festival a donc été l’occasion d’avoir du plaisir, tout le monde ensemble, les mères et les enfants, les Turcs et les Syriens! »

Welcome to Kilis children's festival!

Parmi les activités qui ont été organisées au stade, il y a eu du maquillage d’enfants, du dessin, des animations avec des clowns, de la marelle, de la pâte à modeler, trois glissoires gonflables géantes, de la musique et de la danse, des courses en sac et des cerceaux Hula Hoop. Pour rassasier tout ce beau monde, des sandwichs, de la crème glacée et de l’eau ont été servis gratuitement.

Dans ce magnifique stade de football, les jeunes n’ont pu s’empêcher de jouer d’adresse et de lancer des ballons dans les grands buts.

Kids get to play at the Kilis football stadium.

« Je me suis beaucoup amusé cet après-midi, dit Hassan, un réfugié syrien de 10 ans. J’ai eu super du plaisir! J’ai été maquillé en chat, j’ai glissé dans les jeux gonflables et j’ai joué avec plein de monde. J’ai des amis turcs. Je vais à l’école avec des camarades syriens et turcs. J’aime vivre ici, à Kilis, et jouer avec mes amis. »

La petite ville de Kilis est devenue une ville célèbre dans le monde entier, notamment parce qu’elle a été candidate au prix Nobel de la paix en 2016 pour son accueil des réfugiés syriens. Le nombre de Syriens qui y vivent (138 000) est supérieur à la population turque (93 000 habitants). La municipalité de Kilis et CARE Turquie travaillent d’une même main pour engager, impliquer et aider toutes les personnes de la région qui sont dans le besoin.

La municipalité gère 11 centres pour femmes et enfants où des Turcs et des Syriens suivent des cours d’art et d’artisanat, en plus de participer à des activités sociales et à des ateliers professionnels. CARE y tient des Espaces d’information sur la protection (EIP) où des Turcs et des Syriens peuvent recevoir de l’assistance et des conseils reliés à leurs droits. La plupart des adultes et des enfants ayant pris part au Festival tirent avantage de CARE et des centres de la municipalité.

Hassan shows off his painted face during the children's festival in Kilis, Turkey.

Dunya Al Hassen, une mère de quatre enfants âgée de 25 ans et native d’Alep, en Syrie, vit à Kilis depuis quatre ans.

« Mes enfants ont eu beaucoup de plaisir ici aujourd’hui. Mais ils s’amusent toujours quand ils ont l’occasion de jouer. Ce qui est formidable, c’est qu’ils ont pu jouer avec des enfants turcs. C’est un aspect que j’apprécie. C’est une chance pour eux de faire ça. Cet événement en vaut la peine. »

Bushra Kurd, une jeune mère syrienne de 20 ans, a participé au Festival avec sa fille Amina.

« C’est bien de pouvoir venir ici et de rencontrer des gens, de parler. Parfois, j’ai l’impression d’être enfermée chez moi, sans voir personne. Je me sens un peu triste et seule. »

Nafize and Arsude Topluogora, Hassan, and Meryem Almacioglu at the children's festival in Kilis, Turkey.

« Nous sommes nouveaux ici à Kilis, donc on connaît peu de monde, confie And Asma Nejjar, une mère d’Alep de 32 ans qui a trois enfants. Les garçons n’ont pas vraiment d’amis turcs, même si moi, je suis amie avec certaines des femmes que j’ai rencontrées. Il y a des filles et des garçons turcs ici qui jouent avec des enfants syriens comme mes fils. J’espère qu’ils feront connaissance et développeront des liens d’amitié. On a tous besoin d’avoir des amis. »

« C’est ce que je veux pour moi et ma famille. Pour mes fils. Ça fait partie de la vie. On ne doit pas s’isoler, mais découvrir des personnes et leur parler. Les enfants doivent s’amuser ensemble. C’était une bonne occasion aujourd’hui de rencontrer des gens. J’espère que nous en tirerons tous quelque chose de positif. »

« Nous sommes venus aujourd’hui pour ma fille et son amie, mais aussi parce que nous sommes amis avec une famille syrienne qui n’a pas pu venir, mentionne Nazife Topluogura, une mère et professeure d’école de 46 ans de la Turquie. Le garçon de cette famille, Hassan, 10 ans, voulait vraiment venir au festival. Donc, nous l’avons amené avec nous. Ç’a été une bonne affaire. Nous, nous ne vivons pas dans ce coin de la ville, mais lui, oui. Grâce à lui, on a eu droit à une visite guidée! Il nous a conduits dans divers endroits et nous a montré où était son école et à quels endroits il allait jouer. Même s’il est Syrien, il vit ici à Kilis. Ça fait qu’il a pu nous faire découvrir des coins de notre ville que nous n’avions jamais vus ! »

« C’est agréable de voir des enfants jouer ensemble. Et c’est important qu’ils aient des lieux où s’amuser d’égal à égal, comme des amis. »

La directrice de CARE Turquie, Christina Northey, a aussi participé au Festival.

« Je tiens à souligner l’accueil et la générosité que démontre le gouvernement de la République de Turquie à l’égard des réfugiés qui fuient le conflit en Syrie et d’autres pays du monde, dit Northey. Ce que nous voyons ici à Kilis fait écho à l’amitié que les communautés turques offrent aux réfugiés. Je veux également saluer la contribution des communautés de réfugiés qui façonnent leur vie ici et s’intègrent dans l’économie et la société locales. Je crois que le monde entier peut prendre exemple de ce qu’a fait la Turquie en souhaitant la bienvenue aux Syriens et en leur offrant des lieux sûrs où vivre. »


Voyez comment vous pouvez aider des réfugiés syriens et leur communauté d’accueil en soutenant CARE.

DONNEZ MAINTENANT