Séismes en Indonésie : peur de retourner à la maison

Sembalun Bumbung, a village of a 6,400, on Lombok Island, Indonesia, which was heavily damaged by a series of earthquakes that hit the island in July and August 2018

Dewi Hanifah dormira dans une tente ce soir. La responsable du programme d’intervention d’urgence de l’organisme de secours Kopernik rejoindra ensuite le reste de son équipe qui craint de nouvelles secousses sismiques.

« Nous ne savons pas ce qui peut arriver. Nous pouvons nous endormir et, tout à coup, nous réveiller en courant », dit-elle.

Des milliers de personnes sur l’île de Lombok, en Indonésie, dormiront dans des tentes ce soir, comme elles l’ont fait au cours des dernières semaines.

L’île a subi une série de tremblements de terre et de secousses qui ont effrayé la population locale. Tout a commencé par un séisme de magnitude 6,4, survenu le 29 juillet, suivi d’un tremblement de terre encore plus sévère de magnitude 7,0, le 5 août. Quelques jours plus tard, une réplique de magnitude 6,2 a secoué l’île indonésienne, et plus récemment, le 19 août, les sismologues ont enregistré deux séismes de magnitude 6,3 et 6,9.

Le dernier séisme qui a frappé – à 23 h, presque en pleine nuit – en a été « un très gros », déplore Dewi.

Ces puissants tremblements de terre ont été entrecoupés de centaines de secousses.

Jusqu’à présent, quelque 500 personnes sont décédées, plus de 7 700 personnes ont été blessées et près de 3,5 millions de personnes ont été touchées. De plus, 74 000 habitations ont été endommagées, dont 32 000 sont considérées sévèrement ou complètement détruites. Des hôpitaux, cliniques de santé, édifices, écoles et ponts ont aussi subi d’importants dommages.

Dewi Hanifah, emergency response program manager for Kopernik, a local partner CARE Indonesia will work with in its response to earthquakes which hit Lombok, July-Aug 2018

Le gouvernement indonésien a déployé des efforts pour secourir les gens, rétablir l’électricité et répondre aux besoins les plus pressants.

CARE soutient les partenaires locaux, comme Kopernik, pour la distribution d’articles d’hygiène et d’assainissement, de kits d’abris et d’autres biens essentiels. Par expérience, CARE sait que les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables en période post-catastrophe, aussi mènera-t-elle des évaluations concernant les aspects sexospécifiques afin de s’assurer que les interventions de secours répondent autant aux besoins des femmes et des filles que de ceux des hommes et des garçons.

Présentement, Dewi rapporte que les gens ont besoin de tentes et, dans certaines régions plus froides et montagneuses, de couvertures et d’autres articles de secours.

Elle ajoute que les conditions d’hygiène et les services d’assainissement sont une préoccupation grandissante. Actuellement, les tremblements de terre ont fait 400 000 déplacés. Dewi souligne que dans certaines zones, il n’y a qu’une seule toilette pour environ 400 déplacés. L’électricité étant limitée, les femmes et les enfants ont peur aussi de se rendre à cette toilette en pleine noirceur.

Comme si ce n’était pas assez, il y a les traumatismes humains. Imaginez la peur et l’inquiétude des gens qui ne savent pas si le sol tremblera encore et surtout à quel moment.

Sembalun Bumbung, a village of a 6,400, on Lombok Island, Indonesia, which was heavily damaged by a series of earthquakes that hit the island in July and August 2018

Dewi se souvient d’un échange qu’elle a eu avec Ibu Wingkan, mère de deux fillettes habitant à Sembalun Bumbung, un village de 6 400 âmes.

Le séisme du 5 août a détruit son foyer. La famille loge maintenant sous une simple bâche.

Dewi lui a demandé : « Puis-je voir où vous restiez ? » La dame lui a répondu : « J’ai trop peur d’y retourner. »

Elle a indiqué à Dewi comment s’y rendre, mais en refusant d’y remettre les pieds.

Ibu Wingkan est une agricultrice qui cultive une terre à flanc de colline. Avec toutes les secousses sismiques, elle craint les glissements de terrain et se sent incapable de faire son travail.

« Maintenant, relate Dewi, cette femme reste assise à ne rien faire ou à dormir, effrayée de retourner chez elle. »


CARE aide les partenaires locaux à fournir des articles d'hygiène, des équipements d'assainissement, des kits d'abris et d'autres biens de première nécessité. CARE procède également à des évaluations concernant les aspects sexospécifiques pour s’assurer que ses interventions répondent le mieux possible aux besoins des femmes et des filles – lesquelles sont les plus vulnérables lors de catastrophes –, ainsi qu’aux besoins des hommes et des garçons.

Le Fonds d’aide d’urgence de CARE vise à fournir de l’aide là où elle est la plus pressante, bien souvent avant même que le public soit informé d’une catastrophe et ait commencé à soutenir CARE.

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