Skip to content

Zimbabwe : gagner du terrain dans la lutte contre le changement climatique

Pour Dadirai Mawanza, 42 ans, le vrai problème a été de faire manger des légumes à ses enfants.

Oubliez l’image de l’enfant qui lance ses brocolis par terre ou qui lève le nez sur tout ce qui est vert dans son assiette.

Le défi de Dadirai était avant tout de trouver des légumes.

Elle s’empresse de dire qu’elle et son mari ont pu faire en sorte que leurs cinq enfants n’aient jamais faim – même si elle s’est tout de même inquiétée de leur apport nutritionnel.

Dadirai Mawanza. Photo: Darcy Knoll/CARE

Dadirai confie que bien d’autres personnes n’ont pas eu cette chance. Lors d’un épisode de sécheresse, des familles ont dû se rationner. À cause du manque de pluie, il y a eu moins d’eau pour le bétail et moins de produits à manger et à vendre.

Les habitants du district de Bikita, dans la province de Masvingo dans le sud du Zimbabwe, confirment que le changement climatique est bien réel et a des effets désastreux.

Il y a quelques années, des membres de la communauté de Dadirai se sont réunis pour discuter des difficultés auxquelles ils faisaient face, mettant en tête de liste les précipitations irrégulières et peu abondantes. Ils ont exprimé un constat navrant : pas de pluie, ça signifie pas de récoltes, pas de nourriture saine à manger ou à vendre, et pas de survie possible pour le bétail.

CARE a collaboré avec les membres de la communauté afin de trouver un moyen de mieux utiliser l’eau, dont l’approvisionnement était limité. Grâce au soutien des donateurs de CARE, un projet de construction de digue a alors pu débuter.

Deux ans plus tard, voilà que le projet est achevé. La digue mesure plus de sept mètres et, juste après la saison des pluies, elle semble presque remplie d’eau.

Les membres de la communauté ont acheté du poisson pour la digue. Ils peuvent en manger et en vendre dans les marchés des environs. À côté de la digue, des arbres fruitiers empêchent l’érosion du sol et offrent une autre source de nourriture.

Avant la création de cette digue, l’eau s’écoulait durant la saison des pluies et disparaissait. Aujourd’hui, l’approvisionnement en eau est possible tout au long de l’année. Ainsi, plus de 1 500 animaux de ferme ont pu être sauvés.

À quelques pas de là, un grand jardin communautaire est irrigué par l’eau provenant de la digue.

Cette eau permet aux membres de la communauté de cultiver une variété de légumes, notamment des courges musquées, des choux, des betteraves, des oignons, des tomates et des haricots verts sucrés.

Présentement, une bonne partie du jardin est vide, parce qu’il y a eu une récolte. Mais on y voit encore une section où ça pousse en grand et où il y a des rangées et des rangées d’un légume vert feuillu qui s’appelle colza géant anglais.

Chaque membre de ce jardin possède trois planches de culture – une pour les légumes destinés à être mangés et deux pour les produits cultivés pour la vente.

Photos from the Chamanhokwe dam and community garden in Ward 1, Bikita district, Masvingo province, in southern Zimbabwe. Photo: Darcy Knoll/CARE

Quand on leur demande si ce jardin a des effets bénéfiques, les habitants ont des réponses encourageantes :

« Nous mangeons maintenant des aliments sains et nutritifs. »

« Nous pouvons maintenant payer les frais de scolarité de nos enfants. Aujourd’hui, j’ai déjà vendu pour 20 $ de légumes. »

« Je suis contente d’avoir maintenant des revenus avec les produits que je vends. »

Une autre femme ajoute, avec un large sourire au visage, qu’elle et les siens ont plus que jamais l’air en santé depuis qu’ils mangent des fruits, des légumes, du poisson et des haricots.

CARE offre aussi de la formation et du soutien aux membres de la communauté, lesquels sont déterminés à préserver les belles avancées des dernières années.

Parmi les thèmes de formation, on retrouve la préparation aux risques éventuels, l’agriculture, la production et la transformation des fruits et des légumes ainsi que la nutrition. Des ateliers culinaires et des livres de recettes aident aussi les familles à préparer des repas simples et nutritifs.

Les femmes sont très impliquées dans ce projet, car elles effectuent une grande partie du travail sur le terrain, en plus d’être celles qui prennent soin des enfants. CARE tient également des discussions avec les hommes afin d’explorer de meilleures bases de partage de responsabilités.

Comme beaucoup des aliments cultivés permettent de gagner des revenus, les participantes ont aussi formé un comité de commercialisation pour soutenir la vente de leurs produits maraîchers.

Dadirai est heureuse de pouvoir maintenant avoir accès à des légumes frais et à des aliments sains pour ses enfants.

Elle est également très fière de son nouveau rôle de « facilitatrice de marché ». Dadirai aide des gens à évaluer le marché local pour identifier de potentiels acheteurs et conseille la communauté sur le choix des légumes à cultiver selon les demandes du marché.

En deux mots, elle ne fait pas que se soucier de ses enfants et des légumes qu’ils trouveront dans leur assiette. Elle aide aussi les autres à obtenir de bons aliments, ce qui représente un progrès considérable par rapport à la situation d’il y a deux ans dans la communauté.

Dadirai a la joie au cœur. « J’ai maintenant une place valorisée dans la communauté. On reconnaît mes compétences. Du coup, je me sens importante. »


Voyez comment CARE travaille avec des gens comme Dadirai et des communautés pour les aider à améliorer leurs façons de cultiver et de vendre des légumes.

DONNEZ MAINTENANT