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Zimbabwe : des vaches Soleil

Parlons des vaches.

À moins que vous ne soyez un fermier ou que vous viviez dans une communauté rurale, vous pensez probablement peu aux grosses bêtes. Une vache, pour vous, ça réfère peut-être même à une pièce de viande rouge sur le barbecue ou à des produits laitiers à l’épicerie.

Au Zimbabwe, la vache est respectée. Elle représente une source de nourriture et, bien sûr, de lait. Elle peut aussi aider une famille à s’assurer des revenus.

Cow in Zimbabwe

Les problèmes économiques dans ce pays ont complexifié l’accès à l’argent. C’est rendu difficile d’y trouver des liquidités, de sorte que les vaches sont un peu devenues une forme de monnaie d’échange. Elles peuvent être vendues ou échangées contre des biens et des services. Le terme « compte bancaire » est fréquemment utilisé en référence aux vaches.

Posséder une vache, c’est aussi une source de fierté.

Christopher Mashanda

« Si vous avez une vache, vous pouvez la vendre pour payer des frais de scolarité, dit Christopher Mashanda. Mais sinon, vous ne trouverez pas l’argent pour payer l’école. »

Christopher, 65 ans, est membre d’une Association villageoise d’épargne et de crédit (AVEC) soutenue par CARE. Je l’ai rencontré à Bikita, un district de la province de Masvingo dans le sud du Zimbabwe.

Le groupe auquel il appartient s’appelle Soleil. Je m’assois parmi les gens du groupe en prenant soin de me protéger du soleil dans une zone ombragée. Christopher est un peu en retrait, avec un autre homme. Les deux sont en infériorité numérique. Tout le reste du groupe est formé de femmes rieuses – il doit bien y en avoir une douzaine.

Puisque Christopher s’exprime bien en anglais, il peut facilement prendre la parole.

Comme il l’explique, les membres du groupe font des contributions financières chaque mois, que ce soit en vendant des légumes ou en produisant de la bière. L’argent amassé permet ensuite à un participant du groupe de s’acheter une vache.

« C’est plus facile d’acheter une vache de cette façon », dit-il.

CARE offre également aux membres du groupe la possibilité de suivre une formation pour se préparer aux sécheresses et aux intempéries. CARE leur enseigne notamment des techniques agricoles de conservation fort utiles pour protéger les cultures et optimiser l’utilisation des sols dans des environnements secs touchés par la réalité menaçante du changement climatique.

Grâce à ce soutien et à cette formation, deux femmes ont pu payer les frais de scolarité de leurs enfants. Elles sont impatientes d’en apprendre encore davantage et de pouvoir partager leurs nouvelles connaissances avec d’autres membres de la communauté.

Mother and daughter

Des auxiliaires vétérinaires communautaires pour des vaches en santé

C’est important que les femmes et les hommes puissent économiser pour acheter des vaches, mais encore faut-il que ces vaches soient en santé. Tout particulièrement durant la saison des pluies, il y a une hausse des maladies transmises par des tiques qui peuvent affecter et même tuer le bétail.

Pour ceux qui dépendent des revenus reliés aux vaches pour couvrir les frais scolaires de leurs enfants, une vache malade, ça peut clairement être un désastre et signifier une éducation compromise et un avenir incertain.

Vavarirai Shaka

Comme les autres membres du groupe Soleil, Vavarirai Shaka, 44 ans, possède aussi des vaches. Et il a participé à une initiative visant à améliorer la santé du bétail dans sa communauté.

Avec sa casquette et sa combinaison bleue, il a l’air d’un chef de chantier de construction.

Vavarirai dirige plutôt un comité local de développement en matière d’élevage et, avec la générosité de donateurs, lui et ses collègues ont construit un réservoir de trempage pour désinfecter les vaches.

Situé au milieu d’un champ parsemé d’arbres, à courte distance en voiture du lieu où habitent les membres du groupe Soleil, ce réservoir est formé de deux enclos à bétail et d’un bassin étroit en ciment. Des murs de pierre suffisamment hauts délimitent les enclos et empêchent les vaches de s’échapper. Tour à tour, les vaches sont dirigées vers un bain liquide qui tue les tiques nuisibles.

Vavarirai propose une brève visite du réservoir. Manifestement, il est fier de l’ouvrage. « C’est un réservoir de grande qualité », fait-il remarquer en soulignant la satisfaction des habitants de la région.

Maintenant, il peut s’assurer que ses vaches sont désinfectées. Et plusieurs autres personnes de la communauté font comme lui et s’assurent que leur bétail est débarrassé de toute tique. Déjà, une diminution des maladies a été observée. Le réservoir est aujourd’hui un « passage obligé » pour 1 400 vaches appartenant à 160 familles de deux quartiers de la région.

Comme de raison, le réservoir de trempage a été un élément clé pour repousser les maladies bovines. Mais au-delà de ce moyen, il y a aussi eu des femmes et des hommes qui ont joué un rôle central. Parmi eux, Richard Runesu Ziwewe.

Richard, 54 ans, est père de cinq enfants. Toute sa vie, il a vécu dans la communauté.

CARE l’a formé, lui et 16 autres personnes, à devenir un auxiliaire vétérinaire. Concrètement, il s’est fait enseigner des notions en santé animale et il agit à titre de personne-ressource entre le vétérinaire et les fermiers. Son travail consiste à diagnostiquer une variété d’affections et à proposer des traitements de base et des médicaments.

Richard rapporte que la formation des auxiliaires vétérinaires dans la communauté a « engendré une réduction directe du nombre de maladies et de morts d’animaux ».

Comme il le dit, cette diminution s’explique par le fait que les auxiliaires vétérinaires sont toujours joignables par un simple coup de téléphone. Auparavant, si un fermier avait un problème, il devait payer son trajet en autobus pour consulter un vétérinaire.

« Mais depuis que nous sommes formés, il suffit d’un petit déplacement ou de l’appel téléphonique d’un fermier pour que nous soyons sur place en moins d’une heure. »

Zimbabwe group members

C’est un avantage à la fois pour les vétérinaires communautaires et régionaux qui soignent les élevages.

« On assiste à une série d’avantages qui se répercutent dans la communauté, mais aussi bien au-delà, mentionne Richard. Depuis notre arrivée, nous avons allégé le travail des employés du ministère de l’Élevage et des Services vétérinaires, qui n’ont plus à parcourir de longues distances quotidiennement pour s’occuper des maladies menaçant le bétail. »

Et Richard d’ajouter : « Ils viennent seulement de temps en temps pour nous aider et nous superviser, ce qui est profitable à la communauté et aussi au gouvernement, lequel a pu réduire sa charge de travail. »

C’est avec fierté qu’il rappelle que des vaches en santé, ça n’apporte que du positif à la communauté.


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