UN AN APRÈS #MOIAUSSI : LE SABLIER S’EST ÉCOULÉ, ET CARE DÉNONCE L’ABSENCE D’UN TRAITÉ MONDIAL DE PROTECTION DES FEMMES AU TRAVAIL


Cette année, durant la campagne de 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre, CARE revendique la fin d’une des formes d’abus contre les femmes les plus répandues : la violence et le harcèlement en milieu de travail.

Les gouvernements et les employeurs ont six mois pour conclure un accord avec les syndicats et adopter la convention musclée de l’Organisation internationale du travail (OIT), la première en son genre, visant à mettre fin à la violence et au harcèlement en milieu de travail.

Tout juste un an après la montée fulgurante des mouvements sociaux comme #MoiAussi, #TimesUp, #BalanceTonPorc et #YoTambién, le harcèlement sexuel en milieu de travail s’est résolument invité dans les débats publics. Néanmoins, et bien qu’il s’agisse d’un des enjeux les plus importants pour les femmes d’aujourd’hui, il n’y a encore aucun accord international pour protéger les femmes en milieu de travail. La Convention de l’OIT permet enfin de s’attaquer à l’injustice à l’échelle mondiale et dans chaque pays.

Comme le soutient Milkah Kihunah, activiste dans le milieu du travail œuvrant chez CARE à la promotion d’une vie sans violence pour tous : « Le dynamisme et le travail incroyable des mouvements citoyens comme #MeToo ont accentué la pression sur l’adoption d’une solution législative pour mettre fin à la violence et au harcèlement au travail. Les négociateurs qui travaillent au nouveau traité international savent que les projecteurs sont braqués sur eux. L’adoption de la Convention de l’OIT en juin 2019 serait la première étape vers une responsabilisation mondiale à l’égard de la violence et du harcèlement au travail. »

Plus du tiers des pays du monde n’ont toujours aucune loi interdisant le harcèlement sexuel au travail, laissant un nombre ahurissant de 235 millions de travailleuses en situation de vulnérabilité au travail. Des actrices d’Hollywood aux travailleuses domestiques et ouvrières d’usine dans des pays comme l’Équateur et le Cambodge, les femmes du monde entier se battent pour être en sécurité et être respectées au travail.

La violence et le harcèlement au travail engendrent des coûts directs pour les entreprises et les États en raison de l’absentéisme, du roulement du personnel, de litiges et d’indemnités. Il y a aussi les coûts indirects découlant de la réduction de productivité et des contrecoups, qui peuvent entacher la réputation et l’image de l’entreprise et nuire à sa compétitivité. Au Cambodge, environ un tiers des travailleuses des manufactures de vêtements rapporte avoir vécu une forme quelconque de harcèlement au travail sur une période de 12 mois, situation se traduisant, selon les calculs de CARE, par une perte de productivité nationale de 89 M$ US.

La campagne #ThisIsNotWorking de CARE pour mettre fin à la violence et au harcèlement au travail vise à assurer également que les dirigeants d’entreprise jouent un rôle actif dans la négociation d’une convention de l’OIT solide et d’envergure.

« Il y a un avantage indéniable à mettre fin au harcèlement sexuel au travail, souligne Glen Tarman, chef de la promotion mondiale à CARE. Pour les entreprises, c’est logique sur les plans économique et moral de soutenir la législation en ce sens. Les dirigeants d’entreprise jouent un rôle clé, notamment dans leurs propres secteurs, à l’élaboration réussie d’une convention de l’OIT et dans la législation et la règlementation nationales efficaces dans leur pays respectif ».

Une convention mondiale contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail poussera les gouvernements et les employeurs à accorder une plus grande priorité à la reconnaissance de la violence et du harcèlement au travail, à la lutte contre ceux-ci et à la recherche de solutions.

« Nous avons six mois pour changer le discours pour toutes les femmes, soutient Mme Kihunah. En juin 2019, les gouvernements, les entreprises et les syndicats auront l’occasion de conclure un traité mondial novateur, un traité qui vise à éradiquer la violence en milieu de travail et qui affirme clairement au monde entier que le harcèlement n’est jamais acceptable. »

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Notes aux rédacteurs :
● Les 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe consistent en une campagne internationale annuelle qui commence le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se termine le 10 décembre, lors de la Journée internationale des droits de la personne. La campagne sert de stratégie de mobilisation pour les individus et les organisations du monde entier afin d’exiger la prévention et l’élimination de la violence contre les femmes et les jeunes filles.
● Le 10 décembre, qui célèbre la Journée internationale des droits de la personne, marque cette année la fin des 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre et précède exactement de six mois la Conférence internationale du travail de 2019 à laquelle la Convention de l’OIT pourrait être conclue. Une dernière session de négociation débutera le 10 juin et se terminera le 21 juin 2019 par l’adoption d’une convention juridiquement contraignante et de lignes directrices connexes. Une fois celles-ci adoptées, les gouvernements pourront ratifier la Convention de l’OIT, ce qui les engage à l’appliquer dans la législation et les pratiques nationales et à faire régulièrement rapport de son application.
● CARE demande à l’OIT d’adopter l’instrument le plus puissant qui soit, c’est-à-dire une convention juridiquement contraignante accompagnée de recommandations. De plus amples renseignements concernant le travail de CARE relativement à la Convention de l’OIT peuvent être obtenus sur demande.

Pour obtenir une entrevue avec un porte-parole de CARE, veuillez communiquer avec :

Darcy Knoll, spécialiste en communication, CARE Canada
darcy.knoll@care.ca | 1-613-228-5641