Briser le silence à propos du yémen

À quel point la paix au Yémen est-elle importante pour les femmes, les jeunes filles et les familles qui luttent pour leur survie depuis près de quatre ans?

La guerre civile impose à la population du Yémen un lourd tribut qui doit non seulement être médiatisé, mais qui exige une action immédiate. Depuis la transition politique précaire qui a mené aux frappes aériennes de 2015, le Yémen est le théâtre de violents affrontements qui ont fait plus de 10 000 morts selon les chiffres publiés en 2017 par l’ONU. Beaucoup d’autres ont été emportés par la malnutrition et la maladie.

La guerre au Yémen est aujourd’hui la pire crise humanitaire au monde.

Les mères et les pères qui luttent pour subvenir aux besoins de leur famille n’ont accès à aucun service public ni service de soins de santé. Les emplois se font rares. En raison de la flambée des prix de l’essence, les jeunes filles doivent marcher pendant des heures pour se procurer de l’eau et de la nourriture.

Plus de 8 millions de personnes risquent la famine.

Les affrontements ont pris les civils pour cibles et endommagé les infrastructures telles que les routes, les usines, les ports et les dispensaires. CARE travaille sans relâche pour venir en aide chaque mois à un million de Yéménites dans le besoin en leur offrant vivres, eau potable et services d’hygiène.

La fin du conflit permettrait de rétablir l’accès aux denrées alimentaires, mais aussi de remettre en état les systèmes de distribution et d’assainissement de l’eau et de relancer les services de soins de santé. Les enfants pourraient retourner à l’école et rêver d’un avenir sans guerre.

La population du Yémen a vu briller une lueur d’espoir vers la fin de 2018 lorsque les pourparlers de paix engagés à Stockholm, en Suède, ont mené à un accord de trêve qui a atténué en partie la violence.

« L’accord de Stockholm est incroyablement encourageant pour tous ceux et celles d’entre nous qui cherchent à mettre fin à la guerre et à la souffrance au Yémen. Nous sommes ravis d’apprendre que les parties ont convenu d’ordonner le cessez-le-feu et le retrait des forces déployées à Hodeïda, ainsi que d’établir un couloir humanitaire à Taïz. C’est la meilleure nouvelle que le peuple yéménite a reçue depuis longtemps », a affirmé Johan Mooij, directeur de CARE au Yémen, après que l’accord a été annoncé en décembre.

« La faim et la famine sont les corollaires directs de la guerre et ne peuvent être éradiquées qu’en mettant fin au conflit. Il n’y a pas de solution militaire à la crise au Yémen. La seule solution est politique. »

Tant que la paix ne sera pas rétablie, nous devons donner une voix aux femmes, aux jeunes filles et aux familles qui souffrent en silence, loin du regard du monde.

Taqia, une veuve, vit avec sa fille et ses petits-enfants.

« Il y a cinq ans, nous a-t-elle raconté, nous pouvions survivre avec le peu que nous avions, mais depuis que la guerre a éclaté, j’ai à peine de quoi nourrir ma famille. Ma fille et ses enfants dépendent de moi. Parfois, la nuit, je pleure sur notre sort. Parfois, les gémissements de faim de mes petits-enfants m’empêchent de dormir. Parfois, je sors et je déambule pendant des heures jusqu’à ce que je trouve un restaurant ou un supermarché où j’espère obtenir un peu de nourriture. »

Les gens du Yémen ont besoin de notre aide. Racontez leur histoire et exigez d’entendre parler d’eux.

Ensemble, nous pouvons contribuer à mettre fin à ces inégalités.