Profil: Simran Singh

Simran Singh

Quelles sont vos fonctions chez CARE Canada?

Je suis conseillère principale en matière d’aide humanitaire et d’égalité de genre. En fait, je suis une véritable touche-à-tout! Je suis appelée à remplir des fonctions très diverses : je contribue à la rédaction de propositions, je fournis des conseils techniques, puis j’offre du soutien sur nos interventions et nos communications auprès des donateurs institutionnels. Je participe à de nombreuses activités à l’échelle de l’organisation.

Tout cela m’a fait prendre conscience que je souhaitais contribuer à l’échelle mondiale au développement des communautés dans une perspective qui tient compte de l’égalité des genres. Toutes ces facettes de mon identité m’ont fait prendre conscience de la manière dont je souhaite faire œuvre utile.

simran singh

CARE Canada

Comment avez-vous découvert que cette carrière était celle qui vous interpellait le plus?

Je suis née en Inde, puis j’ai vécu les six premières années de ma vie à Bahreïn avant d’immigrer au Canada. J’ai vécu dans trois pays avant mon dixième anniversaire. De ce fait, j’ai toujours été pleinement consciente que je suis citoyenne du monde avant tout. Je souhaitais que mes contributions ne se limitent pas au Canada, mais dépassent ses frontières. De plus, je suis féministe depuis ma plus tendre enfance. La culture sud-asiatique, qui a imprégné mon enfance, dictait des attentes précises à l’égard des garçons et des filles. Je voulais toujours savoir pourquoi mon frère avait le droit de faire des choses qui m’étaient interdites. Bien entendu, j’ignorais alors que j’adoptais un point de vue féministe. Cela démontre pourtant que j’ai toujours désiré combattre les iniquités et les injustices.

Le travail de ma mère dans le domaine du développement communautaire à Vancouver-Est a également exercé une influence indiscutable sur moi. Petite fille, j’ai passé beaucoup de temps dans une maison du quartier où elle travaillait. J’ai été témoin de l’évolution de cette petite organisation devenue grande, qui soutenait tant de gens de tous les horizons. Cette expérience m’a aidée à comprendre le fonctionnement et l’importance indéniable du développement communautaire.

Tout cela m’a fait prendre conscience que je souhaitais contribuer à l’échelle mondiale au développement des communautés dans une perspective qui tient compte de l’égalité des genres. Toutes ces facettes de mon identité m’ont fait prendre conscience de la manière dont je souhaite faire œuvre utile.

Quel est le plus grand défi dans l’exercice de vos fonctions?

Il y a de nombreux défis! L’une des choses que je trouve difficiles est de répondre à l’ensemble des besoins humanitaires qui se manifestent partout dans le monde, sans être présente sur place. J’exerce mes fonctions à notre siège social, situé à Ottawa, et non dans les pays où nous mettons en œuvre nos programmes. Pour relever ce défi, j’établis les priorités en fonction de l’incidence des mesures sur la vie des filles et des femmes. Je suis consciente que le financement que j’accorde pourra, par exemple, aider plus de femmes au Yémen à avoir accès à des programmes axés sur la santé sexuelle et la procréation. Le travail que j’accomplis va au-delà de l’exercice théorique : j’incite nos donateurs institutionnels à prendre des mesures qui, ultimement, contribuent à sauver la vie des gens.

Quelle est votre source de motivation quotidienne au travail?

Beaucoup de facteurs alimentent ma motivation. Je travaille avec des personnes fantastiques qui sont très intelligentes et qui me motivent à offrir le meilleur de moi-même. Nous sommes très chanceux de vivre à Ottawa. Certains membres de notre personnel déployés à l’étranger vivent dans des conditions difficiles, dans un environnement dépourvu de tout confort et non sécuritaire, et ils sont parfois séparés de leur famille pendant de longues périodes. Ce contexte me pousse à déployer toute mon énergie pour simplifier le travail du personnel sur le terrain afin que mes collègues puissent aider plus de gens à surmonter une situation de crise.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme particulièrement lorsque vous songez à vos activités des prochains mois?

Tant de choses! Par exemple, je prépare une étude sur nos méthodes de collaboration avec nos partenaires de l’aide humanitaire en Indonésie. Nous tenterons de comprendre comment CARE peut mieux appuyer les organisations locales qui assurent la mise en œuvre de programmes de secours dans ce pays et mieux apprendre de ces organisations.

Un autre volet de mon travail qui m’enchante particulièrement concerne l’attention constante que notre organisation accorde aux questions de genre dans les situations d’urgence, ainsi que la manière dont elle tient compte des besoins différents des hommes et des femmes, ainsi que des garçons et des filles. L’objectif est de nous assurer que, lors de chacune de nos interventions d’urgence, nous gardons à l’esprit les besoins particuliers des divers groupes de personnes. Les besoins des femmes qui ont survécu à un séisme sont variés et différents de ceux des hommes : protection contre la violence, hygiène menstruelle ou santé périnatale. Au lendemain de situations d’urgence, l’une des mesures préconisées pourrait concerner l’ajout de serrures aux portes des salles de bain afin d’assurer la sécurité des femmes. Dans ce contexte, on peut aussi veiller à l’intégration des femmes de la région dans la prise de décisions sur la façon dont l’aide est distribuée. Je suis ravie de poursuivre mon travail avec nos équipes de soutien partout dans le monde.

Que voulez-vous que les Canadiennes et Canadiens sachent à propos de votre travail?

On a souvent l’impression que les événements qui se déroulent sur un autre continent ne nous concernent pas. Pourtant, comme moi, bien des Canadiennes et Canadiens sont les enfants ou les petits-enfants d’immigrants. Et nous savons que nous sommes toutes et tous touchés par ce qui se passe dans d’autres pays du monde. Une situation de crise en Afrique aura une incidence sur les Canadiennes et Canadiens. De nos jours, nous sommes de plus en plus connectés et nous ne sommes pas aux prises avec les mêmes obstacles à la communication auxquels faisaient face nos parents. Nous avons la responsabilité de nous tenir à l’affût et de nous mobiliser. Si une situation semble anormale ou injuste, dites ou faites quelque chose. Nous sommes si privilégiés de vivre au Canada. Oui, il fait froid, mais nous profitons de la liberté de vivre nos vies, de marcher dehors et de nous sentir en sécurité. Partout dans le monde, de nombreuses personnes n’ont pas ces privilèges. Il nous appartient d’en faire bon usage et de poser des gestes, aussi petits soient-ils.