Le rapport sur le rapport : documents à approfondir cette semaine

Les personnes qui s’intéressent de près aux Objectifs de développement durable voudront peut-être se préparer un café avant d’entamer la lecture du document.

L’un des objectifs établis en 2015 était d’éliminer la faim d’ici 2030. À cet égard, nous devons produire plus de nourriture tout en nous assurant que celles et ceux qui ont en besoin la reçoivent. Et pour distribuer la nourriture de manière équitable, il nous faut comprendre le rôle que jouent les femmes dans la production alimentaire.

Le document Good Practices for Integrating Gender Equality and Women’s Empowerment in Climate-Smart Agriculture Programmes s’adresse aux praticiens du développement agricole du monde entier. Mais la lecture vaut aussi le détour pour toute personne désirant comprendre pourquoi il y a plus de 821 de personnes sous-alimentées dans le monde et pourquoi la majorité d’entre elles sont des femmes et des jeunes filles.

C’est indiscutable : les changements climatiques affectent notre accès à la nourriture. Il y a aujourd’hui deux fois plus de catastrophes liées aux changements climatiques qu’en 1990. Deux fois plus de vagues de chaleur extrême, deux fois plus de sécheresses, deux fois plus d’inondations et deux fois plus de tempêtes. (Désagréablement familier, non?)

En de telles circonstances, nous savons également que les femmes et autres groupes vulnérables sont confrontés aux inégalités de diverses façons. Par exemple :

  • Les femmes peuvent ne pas être autorisées à produire certaines cultures ou à vendre celles-ci pour en tirer un revenu
  • En situation de crise, les femmes se chargent habituellement de la plus grande part du travail et des soins
  • Les femmes peuvent ne pas être autorisées à prendre part aux décisions importantes liées à l’alimentation, à l’agriculture et aux dépenses du ménage
  • Comme principales responsables des soins, les femmes doivent travailler plus fort pour nourrir leur famille et prendre soin d’elles-mêmes.

Nous devons nous mobiliser pour mettre fin à ces inégalités.

CARE et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture soulignent l’importance d’une approche qui intègre les considérations de genre dans le cadre d’une « agriculture intelligente face au climat ».

Mais comment cette approche s’articule-t-elle?

Les programmes conçus selon ce modèle tiennent compte des capacités particulières des hommes et des femmes pour s’assurer que les uns et les autres ont un accès égal aux ressources qui leur permettront de pratiquer l’agriculture de manière durable. Ces programmes assurent donc aux hommes et aux femmes un accès paritaire :

  • aux ressources de production (eau, terre)
  • à la formation et à la compréhension des pratiques exemplaires d’exploitation agricole permettant de réduire le plus possible le travail et l’incidence sur le climat
  • aux services et institutions locales

CARE et la FAO ont rédigé ce rapport pour que les organisations, institutions publiques et organismes locaux puissent planifier des investissements, des politiques et des projets agricoles respectueux du climat ainsi que des droits des hommes et des femmes. Le document propose des orientations, des outils et des exemples d’intégration réussie des principes d’égalité des genres et d’autonomisation des femmes dans des travaux agricoles respectueux du climat.

Les études de cas constituent une grande source d’inspiration : des femmes du Bangladesh élevant du bétail ont créé un réseau de petites entreprises qui ont permis d’enrichir leur potentiel de revenus; des femmes du Ghana ont commencé à prendre des décisions avec leurs maris et travaillent maintenant avec ceux-ci pour produire plus de denrées.

Le fait de tenir compte du rôle des hommes et des femmes dans l’agriculture nous aidera à contrer les menaces que posent les changements climatiques.