Séance de questions-réponses entourant la campagne #NotOptional

Q. CARE a récemment rassemblé plus de 40 organismes et organisations de défense des droits des femmes des quatre coins du monde autour de la publication d’une déclaration de principes communs. De quoi traite la déclaration et à qui s’adresse-t-elle?

Ce groupe de 40 organismes reconnaît que la reconnaissance de l’égalité des genres accuse un retard dans les situations de conflit et d’urgence. La déclaration invite les organisations qui planifient et mettent en œuvre des interventions humanitaires à adopter des mesures clés, dont les suivantes :

  • favoriser la prise en compte des besoins et des principales préoccupations des femmes et des jeunes filles lors d’interventions humanitaires;
  • assurer l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive lors d’interventions humanitaires;
  • intensifier la lutte contre la violence sexiste de même que contre l’exploitation et les abus sexuels;
  • permettre aux femmes de générer des revenus dans les communautés sinistrées.

Q. Quelle importance revêtent des jalons comme la Déclaration et le Programme d’action de Beijing dans la vie des femmes du monde entier?

La Déclaration et le Programme d’action de Beijing ont été adoptés par les membres des Nations Unies en 1995 en vue de se rapprocher d’« un monde où chaque femme et chaque fille peut exercer ses libertés et ses choix et connaître et comprendre tous ses droits, notamment le droit de vivre sans violence, le droit à l’éducation, le droit de participer à la prise de décision et le droit de recevoir un salaire égal pour un travail égal ». (ONU Femmes)

La Déclaration a ouvert la voie à des avancées en matière de droits des femmes, notamment le congé de maternité payé, l’avortement légal dans de nombreuses régions du globe ainsi qu’un meilleur accès à l’éducation pour les femmes. En ce 25e anniversaire de la Déclaration de Beijing, la déclaration de principes se saisit de l’occasion pour exhorter les dirigeants mondiaux à adopter des mesures concrètes et mesurables en soutien à l’égalité des genres dans les régions les plus à la traîne à ce chapitre, c’est-à-dire là où existent des situations de conflit et d’urgence.

Q. L’un des cinq volets abordés dans la déclaration est la voix et le leadership des femmes et des filles. Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie, et comment se traduit concrètement cet enjeu au sein des organismes qui appuient la déclaration?

Les organismes, les gouvernements et les personnes ayant pour mandat de défendre les droits des femmes et des jeunes filles ont souvent des notions préconçues quant aux défis que celles-ci doivent surmonter. Nous savons que les femmes et les jeunes filles ont leur lot de défis propres à leur situation et à leur expérience personnelles; en ce sens, la voix et le leadership des femmes et des filles renvoient à une approche décisionnelle qui garantit que les points de vue et les commentaires des femmes et des jeunes filles sont pleinement et également pris en compte par ceux qui travaillent à renforcer l’efficacité et l’efficience du réseau d’intervention humanitaire.

Q. Quelles sont, à votre avis, les trois recommandations les plus pressantes de la déclaration?

Il est difficile d’accorder plus de valeur à une recommandation qu’à une autre. La déclaration de principes doit être considérée dans son ensemble, et la mise en application coordonnée de chacun des volets constitue une condition essentielle au changement durable. Une chose est certaine : la voix et le leadership des femmes et des jeunes filles représentent le fil conducteur de tous les principes énoncés.

Q. Pourquoi pensez-vous que la question des droits des femmes dans les situations d’urgence est plus importante que jamais?

L’inégalité des genres sera toujours plus marquée dans les points chauds du globe. Les problématiques comme les conflits, la violence, les catastrophes naturelles et la migration nous poussent à faire les choses différemment. Considérant les quelque 67 millions de femmes et de jeunes filles en besoin d’aide humanitaire à l’échelle mondiale, les gouvernements, les organismes des Nations Unies, les organisations humanitaires, les acteurs des droits des femmes et les autorités nationales et locales commencent à prendre conscience qu’il n’est plus tolérable, dans ces situations difficiles, de reléguer les droits des femmes et des filles au second plan.

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