Manger à sa faim au Mali

De trois repas par jour, la majorité des familles avec lesquelles CARE travaille se sont retrouvées à n’en manger qu’un seul quand la pandémie a frappé le Mali. Fermeture des marchés, mesures de confinement et perte de revenus ont forcé la population à rationner la nourriture. Six mois plus tard, la plupart de ces familles mangent à nouveau à leur faim. Pourquoi? Les communautés se sont mobilisées pour diffuser l’information et ont travaillé avec CARE pour transférer des fonds aux plus démunis.

CARE s’est alliée aux organismes à but non lucratif YAGTU et SAHEL ECO ainsi qu’à des centres de santé locaux pour venir en aide au plus grand nombre le plus vite possible.

Qu’est-ce qui a changé?

  • Accès à plus de nourriture : Les participants au projet ont trois fois plus de chances d’avoir assez de nourriture pour manger trois repas par jour, et le nombre de familles qui mangent à leur faim a presque rejoint les niveaux d’avant la COVID-19.
  • Sentiment de dignité retrouvé : 73 % des participants affirment avoir retrouvé la dignité.
  • Meilleure hygiène des mains et accès à l’eau potable : 13 % plus de personnes ont accès à de l’eau potable, et elles ont 3 fois plus de chances d’avoir le nécessaire pour se laver les mains à la maison.
  • Recul des conflits et de la violence : 58 % des femmes et des jeunes filles affirment qu’il y a moins de violence fondée sur le genre. Le nombre de personnes signalant des cas de violence physique a chuté de moitié. Il y a également 75 % moins de risque de dispute concernant l’accès à l’eau.
  • Plus de moyens pour faire face aux difficultés : Les participants au projet sont presque 3 fois (2,8 fois pour être plus exact) plus susceptibles de pouvoir surmonter les difficultés sans mettre leur avenir en péril. Par exemple, ils sont 29 % moins à risque de contracter un prêt ou de sauter un repas.

Comment y sommes-nous parvenus?

  • Argent et bons d’achat : Pendant le projet, des fonds ont été transférés aux familles au moyen d’appareils mobiles. Des bons d’achat ont aussi été remis pour qu’elles puissent se procurer des produits particuliers. En tout, 61 % des participants se disent satisfaits des transferts de fonds.
  • Besoins des communautés : Les équipes du projet ont mis en place divers mécanismes de rétroaction pour savoir ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas : bureau des plaintes dans la communauté, service d’aide téléphonique, associations villageoises d’épargne et de crédit et centres de santé. Or il ne suffit pas de recueillir de la rétroaction, il faut aussi y donner suite. En définitive, 76 % des participants affirment que leurs problèmes ont été pris en main à leur satisfaction.
  • Canaux de communication : Le projet favorisait la diffusion d’information par l’intermédiaire des groupes d’épargne. Ainsi, pour 21 % de la population, l’information sur la COVID-19 et le programme d’aide provenait d’un groupe local. De plus, des comités et groupes d’épargne locaux ont organisé des réunions sur l’importance de lutter contre la violence fondée sur le genre.
  • Accès au numérique : Certaines familles qui n’avaient pas de téléphone mobile en ont reçu un dans le cadre du projet afin de pouvoir se tenir informées et de recevoir des transferts de fonds. Dans certaines régions, les familles étaient ainsi 30 % plus susceptibles d’avoir un appareil mobile.
  • Distribution de dons en nature : Au besoin, les équipes ont travaillé avec les centres de santé pour distribuer des trousses d’hygiène. Elles ont aussi participé à rebâtir des points d’eau pour que tous aient assez d’eau pour se laver régulièrement les mains.