Rebecca et son fils lors d’une consultation de suivi au sein d’un établissement de santé soutenu par CARE, dans la région administrative de Pariang-Ruweng, au Soudan du Sud. Mike Benjamin, CARE

Soudan du Sud : un simple point de suture pour sauver des vies

Par Robinah Baseka, CARE Soudan du Sud

Le Soudan du Sud possède l’un des systèmes de santé les plus précaires au monde. En outre, l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive y est particulièrement aléatoire. L’accès à des soins obstétriques et néonataux est problématique pour bon nombre de femmes, puisque près de 70 % de la population vit à au moins 5 km d’un établissement de santé. Le taux de mortalité maternelle dans le pays est le plus élevé au monde et s’établit à 789 pour 100 000 naissances vivantes. Les taux de mortalité chez les enfants de 0 à 28 jours et de moins de cinq ans culminent respectivement à 39,3 et à 99,2 pour 1000 naissances vivantes.

C’est donc avec la peur au ventre que Rebecca Nyayuol, 37 ans, a franchi les portes de l’hôpital de Pariang en février 2021. Enceinte de trois mois et bien qu’apparemment en bonne santé, Rebecca ne connaissait que trop bien le traumatisme engendré par une fausse couche. Cette épreuve, elle l’avait effectivement déjà vécue à cinq reprises.

« Lorsque j’ai poussé les portes de l’hôpital de Pariang, j’avais déjà perdu cinq enfants à cinq mois de grossesse, se remémore Rebecca. Avant ma cinquième fausse couche, je ressentais des douleurs dans le dos. Je me sentais mal. Alors, pendant ma dernière grossesse, j’avais peur de perdre mon enfant à la moindre douleur. »

Mais contrairement à ses autres grossesses, Rebecca a pu cette fois-ci bénéficier des soins prénataux essentiels dont elle avait besoin, dans un établissement de santé soutenu par CARE. Lors de sa visite, l’imagerie médicale a révélé que Rebecca souffrait d’une insuffisance cervicale sévère. Elle a donc été invitée à subir une intervention chirurgicale simple, mais nécessaire, appelée cerclage cervical ou suture cervicale, afin d’y remédier. C’est le Dr Mike Benjamin, chirurgien en chef à l’hôpital de Pariang, qui s’est chargé de l’opération. Cinq mois plus tard, Rebecca donnait naissance à un petit garçon en bonne santé. Ce simple point de suture a non seulement permis de sauver la vie de son enfant, mais aussi de mettre un terme à des années de fausses couches et de traumatismes.

A baby boy sits on a table while his b=mother holds is hand smiling and a doctor examines him at a clinic.
Rebecca et son fils lors d’un examen de routine à l’hôpital de Boma, au Soudan du Sud. La maman, tout sourire, tient la main de son petit garçon assis sur une table, pendant que Dr Benjamin l’examine. Mike Benjamin, CARE

« Après l’accouchement, j’étais si heureuse. Mon mari et les autres membres de la famille éprouvaient eux aussi une joie immense. Grâce au Dr Benjamin et au personnel hospitalier et de CARE, mon bébé est aujourd’hui en bonne santé et se porte bien. »

Rebecca Nyayuol

Malgré les défis colossaux à relever, CARE fournit des soins de santé de première nécessité à certaines des communautés les plus isolées du Soudan du Sud, avec l’aide de ses partenaires. De janvier 2021 à juin 2022, les programmes de santé et de nutrition de CARE ont profité à plus de 1,2 million de personnes dans tout le pays. Au sein de la région administrative de Ruweng, CARE soutient sept établissements de santé, situés dans les comtés de Pariang et de Yida, à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud. Ces structures permettent de garantir l’accès aux services de santé des réfugiés et des communautés qui les accueillent dans les camps et les baraquements voisins. L’hôpital sert aujourd’hui de centre de référence et offre un soutien médical spécialisé à la population. Il propose notamment des interventions chirurgicales et obstétriques ainsi qu’un ensemble complet de services de santé reproductive (soins prénataux, administration d’antirétroviraux, prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, accouchements, planification familiale, etc.).

GRÂCE À VOTRE SOUTIEN, DES FEMMES COMME REBECCA PEUVENT BÉNÉFICIER DE SOINS DE SANTÉ DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ.