De jeunes entrepreneures se rencontrent une fois par semaine après les classes à Niamey, au Nigeria.
Crédit photos : Ylva Seiff Berge/CARE Norvège.

LES ENTREPRENEURS DE DEMAIN

Le soleil plombe, l’air est sec et la température frôle les 35 degrés Celsius. Entre les huttes en argile, un groupe d’enfants est assis en cercle à l’ombre d’un arbre. À première vue, on dirait une classe d’écoliers, mais l’école est terminée pour la journée. Les enfants se sont réunis pour une tout autre raison.

Nous nous trouvons dans l’un des quartiers périphériques les plus pauvres de Niamey, la capitale du Niger.

Oumai Farauk, 14 ans, et ses meilleures amies dirigent la rencontre. Certains enfants ont à peine six ans, mais ils sont tous très attentifs. C’est une rencontre importante.

Ces enfants sont les futurs entrepreneurs, enseignants et médecins du Niger. Ce sont eux qui bâtiront le Niger de demain et qui feront naître de nouvelles idées. Ils se battront pour l’égalité des droits et des chances pour toutes et tous.

2022_ <p><span style="font-size:11pt"><strong>The next generation of VSLA</strong></span></p>

<p><span style="font-size:11pt">The sun is shining, the air is dry, and the temperature is approaching 35 degrees. Between the clay huts in the shade of a large tree sits a group gathered in a ring. At first glance, it may look like a primary school, but today&#039;s teaching is over, and they are gathered for a completely different reason.</span></p>

<p><span style="font-size:11pt">We are in one of the poorest areas on the outskirts of Niamey, the capital of Niger. In the ring are Niger&#039;s future entrepreneurs, teachers, and doctors. Those who will build the country and think up the new ideas. Those who will work for equal rights and opportunities, no matter where you are from or what gender you were born with.</span></p>

<p><span style="font-size:11pt">Every week after school, the group meets. They gather to save money and have created their own little VSLA group. Everyone saves what they can, and those who need it can borrow money for their own business ideas.</span></p>

<p><span style="font-size:11pt">They had seen their mothers get together and save money in a VSLA group. That is why they decided to start their own. Unlike their mothers, they invited both girls and boys into the group. And instead of making soap and juice to sell in the markets, they thought differently. They make candy from insects, teach henna tattoos, and organize large events in the villages to make money for the group.</span></p>

<p><span style="font-size:11pt">The method that the youth group uses to save money dates to 1991, when the first savings and loan groups started up in Niger supported by CARE Norway&#039;s Moira Eknes. Since then, people all over the world have been inspired by the concept. So far, over 20 million people have been lifted out of poverty through one of these groups.</span></p>

<p><span style="font-size:11pt">This group started because they saw that it worked for thei
Portrait image of Zeinabou Abdolaye 17. Ylva Seiff Berge/CARE Norway

Les enfants se réunissent une fois par semaine à la sortie de l’école. Ils mettent de côté de l’argent et ont créé leur propre petite banque. Chacun fournit ce qu’il peut, et ceux qui veulent mettre à l’essai un concept d’affaires peuvent faire un emprunt.

Ils ont ainsi créé leur propre association villageoise d’épargne et de crédit.

Les premiers groupes d’épargne et de crédit ont vu le jour au Niger en 1991. Depuis, des gens de partout dans le monde ont été inspirés par cette méthode.

Il est estimé que pour chaque groupe créé, trois autres voient le jour, inspirés par le succès du premier. C’est ainsi que les groupes d’épargne et de crédit champignonnent dans le monde entier depuis 30 ans. En fait, c’est en observant un autre groupe que les enfants ont eu l’idée de créer le leur. Oumai et ses amies ont vu leurs mères participer à leur propre association, se lancer en affaires et emprunter de l’argent pour acheter le nécessaire.

Elles ont ainsi décidé de créer leur propre groupe.

Abav Bacar, 15. Ylva Seiff Berge/CARE Norway
A group of youth entrepreneurs that meet every week after school in Niamey, Nigeria. Ylva Seiff Berge/CARE Norway

Contrairement aux associations de leurs mères, elles ont décidé d’ouvrir le groupe tant aux garçons qu’aux filles. Le groupe confectionne des bonbons à base d’insectes, enseigne le tatouage au henné et organise des événements d’envergure dans divers villages pour amasser de l’argent.

Grâce à ce groupe, nous avons notre propre argent, que nous pouvons dépenser comme bon nous semble.

Oumai Faruka

Pour Oumai, c’est un premier pas vers l’entrepreneuriat et l’indépendance.

Ce groupe ouvre des portes aux enfants du village et leur promet un avenir radieux où ils seront maîtres de leur destin. Ici, les jeunes sont inspirés à suivre l’exemple de leurs mères et à délaisser les rôles traditionnels pour devenir d’audacieux entrepreneurs.

Ainsi pourront s’épanouir les générations de demain qui avanceront des idées totalement nouvelles.

Zeinabou Abdolaye, 17, applying henna to someone else's hand. Ylva Seiff Berge/CARE Norway