Asha se tient au milieu de son champ de tomates desséché. Crédit photos : Sarah Easter/CARE

Répondre à la sécheresse en Somalie : « Ma vie et celle de ma famille dépendent de ma récolte »

Par Sarah Easter, agente de communications d’urgence, CARE Allemagne et CARE Autriche

« Je suis agricultrice, et ma vie et celle de ma famille dépendent de ma récolte. C’est notre unique source de revenus », se désole Asha Mohammed au milieu de son champ de tomates desséché.

Dans son petit village de Somalie, cette mère de huit enfants retire une à une les mauvaises herbes de son lopin de terre assoiffé. Aujourd’hui, le vent souffle et arrache aux sols arides des volutes de poussière.

« Je ne pense pas pouvoir tirer quoi que ce soit de ce champ cette année. Il n’y a tout simplement pas assez d’eau », poursuit-elle.

Quand la saison des pluies se montre généreuse, Asha peut récolter ses tomates toutes les trois semaines pour les vendre. C’est désormais à elle d’aller s’en procurer dans la municipalité voisine.

Pour la deuxième année consécutive, la pluie a largement boudé les terres de Somalie. Autrefois, l’eau qui tombait du ciel était collectée dans des réservoirs et permettait de couvrir la consommation des ménages et les besoins liés à l’irrigation. Mais aujourd’hui, le village manque cruellement d’eau potable et se trouve à la merci des camions-citernes en provenance de la ville la plus proche. Toutes les familles du village doivent donc se cotiser afin d’acheter cette ressource importée, utilisée exclusivement pour boire et cuisiner.

Les enfants d’Asha inspectent par une ouverture le réservoir d’eau familial, désespérément à sec.
Les enfants d’Asha inspectent par une ouverture le réservoir d’eau familial, désespérément à sec.
Asha prépare le repas pour toute la famille.
Asha prépare le repas pour toute la famille.

Quand le réservoir familial est à sec, Asha est contrainte d’aller s’approvisionner chez les voisins.

Munie d’une brouette et d’un bidon d’eau, elle se rend alors dans la cour qui jouxte la sienne, afin de pouvoir remonter à la force des bras un seau rempli du précieux liquide.

La jeune femme, assise sur un petit tabouret, allume un feu, et y dépose une marmite. Mais le manque d’eau condamne souvent la famille à sauter un repas.

« Je ne peux pas cuisiner pour mes enfants sans eau », explique Asha.

Près du cabanon qui lui sert de cuisine se trouve un espace clôturé, où sont parqués quelques chèvres et moutons.

« Nous avons perdu presque tous nos animaux », confie Asha.

Le bétail, affaibli par la pénurie d’eau et de nourriture, est en effet plus vulnérable aux maladies. D’ailleurs, le vétérinaire du coin ne sait plus où donner de la tête.

Ahmed Saleban, vétérinaire.
Ahmed Saleban, vétérinaire.

« Beaucoup de chèvres ont des parasites ou une pneumonie, et infectent les autres animaux du troupeau », témoigne Ahmed Saleban, vétérinaire.

Après administration d’un traitement au bétail, Ahmed explique à sa clientèle comment isoler les animaux malades des animaux sains.

« L’existence, qui ne nous faisait déjà pas de cadeau, devient de plus en plus dure. Nous vivons au jour le jour, dans une extrême précarité. Pour l’heure, ce sont nos champs et notre bétail que nous perdons. Mais si la situation perdure, ce pourrait être la vie », prédit Asha.

En tant que participante au projet « rémunération contre travail » de CARE, elle reçoit 90 euros par mois (environ 120 dollars canadiens) pour son implication dans un programme visant à limiter l’avancée de la sécheresse.

« Sans ce travail pour CARE et l’aide que nous recevons, nous ne pourrions pas survivre », conclut Asha.

VEILLEZ À CE QUE DES AGRICULTRICES COMME ASHA ET LEUR FAMILLE PUISSENT AVOIR ACCÈS À DE L’EAU ET À D’AUTRES PRODUITS ESSENTIELS EN PÉRIODE DE PÉNURIE.