Sous le manguier: ma visite au Mozambique et en Zambie

Photos et récit de Tanja Kisslinger (responsable du transfert des connaissances et de l’engagement du public, équipe de Santé mondiale chez CARE Canada)

En novembre dernier, assise sous un manguier dans une petite communauté rurale du Mozambique, j'ai commencé à vraiment mesurer tout le sens de l’expression « changement durable »...

Mozambique, 2017 © Copyright 2018 Tanja Kisslinger / CARE

Je me suis rendue au Mozambique et en Zambie pour faire le suivi de l’Initiative en nutrition en Afrique australe (SANI) de CARE, qui vise à fournir aux femmes, aux familles et aux prestataires de santé les outils nécessaires pour mettre fin à la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. Le projet en est encore à ses débuts, mais nous tirons beaucoup d’enseignements des autres projets de la région et de l'expérience incroyable du personnel du bureau de pays de CARE.

Ma première visite sur le terrain s’est déroulée dans la communauté de Machava, au Mozambique, où j'ai assisté aux activités d’une « école paysanne de terrain ». Ce genre d’« école »  est l’un des moyens utilisés pour permettre au projet SANI de mettre en œuvre des potagers, des banques de semences et plus encore. Les écoles de terrain font en sorte que les familles et les membres des communautés acquièrent des connaissances plutôt que de simplement recevoir des outils et des semences. Elles sèment le début d'un changement durable.

Au Mozambique, j'ai également visité la communauté Inhapupo. Là encore, j’ai vu des gens se rassembler sous un manguier et y attendre les animateurs de CARE. J’ai trouvé merveilleux de voir la participation de la communauté à une initiative comme celle de SANI. C’est toujours impressionnant de voir de nombreuses personnes parcourir un long chemin et s'asseoir ensemble pendant une heure pour participer de leur propre gré à un projet. Ça renforce l'intérêt et l’engagement de la communauté à l’égard du travail que CARE fait dans la région.

 © Copyright 2018 Tanja Kisslinger / CARE

Après quelques mots de bienvenue, les animateurs de CARE ont expliqué l'importance et le but des écoles paysannes de terrain, lesquelles cherchent à promouvoir les apprentissages et les connaissances au sein des familles et des communautés. Ils ont parlé des effets du changement climatique sur les pratiques agricoles au Mozambique et ont abordé la nécessité de se tourner vers de nouvelles méthodes d’agriculture. Ils ont également mis l’accent sur les pratiques qui favorisent l’agriculture durable.

Après mon séjour au Mozambique, je me suis rendue en Zambie pour y visiter le village de Kawama. J’avais à y documenter les « jardins de démonstration » (c'est-à-dire les modèles de futurs potagers domestiques) ainsi que les Centres de suivi et de promotion de la croissance. Ces centres offrent des soins prénataux, un suivi de la croissance des nourrissons, des conseils sur la santé maternelle et des conseils pour prévenir le paludisme et la diarrhée.

© Copyright 2018 Tanja Kisslinger / CARE

À Kawama, un agent de santé communautaire a souligné que les parents ne connaissent pas toujours les meilleures façons de nourrir leurs bébés – parfois, ils ne les nourrissent qu’une seule fois par jour. C’est pourquoi, en venant à l’un des centres, les parents et les familles en apprennent davantage sur la nutrition et les bonnes recettes à faire avec des ingrédients locaux. Ils apprennent aussi à mesurer et à noter la croissance de leurs bébés. Bref, le projet a ceci de spécial qu’il combine les bienfaits des potagers communautaires et ceux des Centres de suivi et de promotion de la croissance. Le projet met à profit des travailleurs et des bénévoles bien formés qui contribuent à améliorer la nutrition dans les communautés et à diffuser des conseils utiles.

Au centre de Kawama, j'ai aussi assisté à une démonstration culinaire. Deux volontaires formées sont venus expliquer pourquoi certains aliments locaux doivent être privilégiés pour les repas et quels avantages nutritionnels ils procurent. Deux des femmes présentes ne manqueront pas de transmettre activement ce qu'elles ont appris.

Cooking demonstration © Copyright 2018 Tanja Kisslinger / CARE

Dans le village de Chobela, j'ai été accueillie par Maggie, la « chef » de la communauté. Elle m'a fait voir les plants qui avaient poussé, l’expansion du potager et la nouvelle « pompe à pédale » obtenue grâce au projet pour améliorer l’irrigation du potager. En utilisant leurs propres graines, les membres de la communauté avaient commencé à faire pousser des citrouilles et des haricots verts en octobre. Une semaine avant mon arrivée, la communauté a reçu d’autres semences qu’elle a plantées dans le cadre du projet. Ultimement, les plants et les vignes obtenus dans ce lopin de terre seront répartis entre tous ceux qui ont un potager. La parcelle de terre de Chobela est utilisée par 60 membres issus de six villages, dont six agriculteurs – de ce nombre, quatre sont des femmes.

© Copyright 2018 Tanja Kisslinger / CARE

Quand j'ai demandé aux gens de la communauté quels progrès ils espéraient observer dans le cadre du projet, ils ont exprimé ceci : « Nous nous attendons à voir des changements dans la croissance de nos enfants. » Dans l'ensemble, mon voyage au Mozambique et en Zambie m’a confirmé que le projet de CARE est sur une belle lancée et que des bases solides sont en place pour assurer un changement durable dans les villages éloignés, mais ô combien dynamiques.


Découvrez-en plus sur l’Initiative en nutrition en Afrique australe (SANI) de CARE (seulement disponible en anglais) >>