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L’agriculture en Tanzanie : l’histoire d’Otavina

Otavina a 64 ans. Elle habite dans le village de Kikombwe, en Tanzanie.

Veuve et mère de sept enfants (trois garçons et quatre filles), Otavina a eu du mal à subvenir aux besoins en nourriture de sa famille.

« La vie a été très difficile après la mort de mon mari. J’ai continué l’agriculture, et j’ai tenté de vendre certains produits que je cuisinais, question de pouvoir mettre assez de nourriture sur la table pour les enfants... Les temps sont durs. Parfois, les plantes meurent avant la récolte, et comme on ne peut rien cultiver, il n’y a rien à manger à la maison. Il faut alors se trouver d’autres petits boulots. Le problème, c’est qu’en acceptant du travail ailleurs, il ne reste plus de temps pour cultiver la terre. »

En Tanzanie, près de la moitié de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Les retards de croissance – un signe de malnutrition chronique – touchent plus du tiers des enfants de moins de cinq ans. Bien qu’elles produisent 70 % de la nourriture nécessaire aux besoins de leur pays, les femmes agricultrices éprouvent beaucoup de difficulté à approvisionner leur famille en aliments nutritifs. Pourtant, elles travaillent 15 heures par jour dans les champs, mais n’ont ni les revenus ni les ressources pour préparer des repas sains.

« Je cultivais du maïs et des haricots. Il n’y en a pas suffisamment pour la vente, considérant que nous n’avons pas assez à manger. Parfois, les plants sont complètement ravagés en raison du manque d’engrais, et alors nous n’avons rien à manger ni rien à vendre. Nous n’arrivions à manger que deux repas par jour. J’avais souvent très faim, mais j’essayais de ne pas laisser savoir à mes enfants qu’il n’y avait pas assez de nourriture. Au fin fond de moi-même, je ne suis pas bien. Encore aujourd’hui, il m’arrive de me demander si je vais finir par y arriver. Quand viendra le jour où j’en aurai assez, où la vie sera plus clémente? »

Le programme Growing is Learning (Croître, c’est apprendre) de CARE aide les femmes agricultrices comme Otavina à accroître le rendement de leurs cultures, à comprendre comment améliorer l’alimentation de leur famille et à augmenter leur revenu grâce à de nouveaux marchés. Les agricultrices acquièrent de nouvelles compétences qui leur permettent d’accroître le rendement de leurs cultures existantes, que ce soit sur le plan de la production d’engrais biologique ou de la multiplication des semences.

« Une réunion s’est tenue au village afin de nous renseigner sur ce programme. À cette occasion, nous avons voté pour déterminer qui, parmi les personnes intéressées, y prendrait part. J’ai écouté les discussions. On nous a parlé du soja, du fait qu’on nous aiderait à le cultiver, et que nous pourrions le vendre au marché si nous parvenions à en produire suffisamment... J’ai beaucoup appris! Entre autres, que le soja est une bonne source de gras, et qu’il est donc préférable aux haricots et aux autres sources de protéines. »

Ce programme aide les femmes agricultrices à entrer sur le marché rentable du soja en les formant à sa production, ainsi qu’en les amenant à pénétrer les marchés locaux dans le but de vendre leurs produits et de gagner leur vie. Le soja est un choix parfaitement sensé pour la région en raison de ses avantages nutritionnels, de sa résilience et de ses propriétés fertilisantes. Et c’est sans compter que les ménages renforceront leurs saines habitudes alimentaires grâce à des séances de sensibilisation et à des démonstrations culinaires.

Otavina a hâte de partager la récolte avec les autres femmes de sa communauté. « En ce moment, nous apprenons en groupe, après quoi nous cultiverons chacune nos propres terres. »

« En tant que femme, je dois surmonter de nombreux défis. Avec le décès de mon mari, il m’a été difficile d’aller de l’avant. Le groupe de femmes m’apporte beaucoup. »

CARE TRAVAILLE AVEC DES AGRICULTEURS PARTOUT DANS LE MONDE.