LA SITUATION

PLUS DE 1,4 MILLION DE SUD-SOUDANAISES ET SUD-SOUDANAIS SONT DÉPLACÉS À L’INTÉRIEUR DU PAYS TANDIS QUE D’AUTRES CHERCHENT REFUGE DANS LES PAYS VOISINS.

Le Soudan du Sud est actuellement confronté à la période la plus difficile depuis son indépendance en 2011 alors que convergent plusieurs crises, notamment une insécurité alimentaire atteignant des sommets sans précédent, des inondations répétées, un conflit armé et une nouvelle vague de COVID-19.

Le nombre de personnes ayant besoin d’aide humanitaire a grimpé de 10 % depuis l’an dernier pour s’établir à 8,3 millions de citoyennes et citoyens, soit 70 % de la population. Selon les projections, plus de 60 % de la population sera exposée à une aggravation de la situation. La saison « maigre » — qui s’échelonne d’avril à juillet, lorsque les ménages ont épuisé les vivres qu’ils avaient en réserve et attendent les prochaines récoltes — s’annonce catastrophique. Les communautés de 6 régions sur 79 pourraient être confrontées à des conditions similaires à l’état de famine.

Pendant ce temps, la violence entre les groupes armés crée de nouvelles vagues de déplacements à l’intérieur du pays, qui viennent s’ajouter à une population de personnes déplacées déjà estimée à plus de 1,6 million de citoyennes et citoyens, sans compter les 2,3 millions de personnes qui ont déjà fui le Soudan du Sud. Pour les femmes et les jeunes filles qui sont disproportionnellement touchées par la pénurie alimentaire et qui sont déjà soumises à une violence sexiste généralisée, cet envenimement les exposera à des risques accrus d’abus, d’exploitation, de violence sexuelle et de mariages précoces et forcés.

Et pour compliquer les choses, une deuxième vague de COVID-19 balaie le Soudan du Sud. S’il est difficile de connaître le nombre réel de cas ou de décès, des rapports non officiels font état d’un lourd bilan. Le taux de tests positifs à la COVID-19 a bondi de 2,7 % à 17,9 % au cours des 6 premières semaines de 2021. Les personnes déplacées, plus particulièrement celles se trouvant dans des camps bondés, sont éminemment plus à risque de contracter le virus.

Aidez-nous à soutenir les femmes, les hommes et leurs enfants du Soudan du Sud qui ont besoin de nourriture, d’eau, d’abris et de sécurité.

L'intervention de CARE

CARE est prêt à étendre la portée de son intervention humanitaire de manière considérable. Parmi les besoins les plus pressants, mentionnons la sécurité alimentaire, l’alimentation, la santé, la protection contre les menaces et la violence sexiste, ainsi que le soutien aux infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène.

CARE a du personnel en place, des partenaires et une équipe d’intervention d’urgence prêts à être dépêchés là où les besoins se font les plus criants. Cependant, les fournitures sont insuffisantes et des fonds sont nécessaires pour soutenir un approvisionnement immédiat.

CARE intervient actuellement dans le contexte des déplacements causés par les inondations dans un certain nombre de communautés. Son personnel est prêt à ajouter d’autres services et à prêter main-forte à plus de communautés en fonction des ressources disponibles.

CARE travaille dans le Soudan du Sud depuis les années 1970 en se concentrant sur la santé, la nutrition, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, l’autonomisation économique des femmes, de même que la prévention et l’aide en cas de violence sexiste. Nous travaillons en étroite collaboration avec le personnel de santé local afin de nous assurer qu’il possède les compétences et connaissances pour offrir des soins de qualité. Nous encourageons également les efforts de paix qui permettraient de réduire la pauvreté. Nous aidons les communautés touchées par les conflits à obtenir un meilleur accès aux services de base, à obtenir voix au chapitre dans les initiatives de développement local, à améliorer leurs moyens de subsistance grâce à des groupes d’épargne et de crédit villageois, à accéder à la formation professionnelle et à une vie sans violence.

« Nous avons connu deux années consécutives d’inondations, à la différence cette année que l’eau ne s’est pas encore retirée malgré la fin de la saison sèche. En somme, d’énormes portions du territoire sont encore sous les eaux. Or la saison des pluies est imminente, car les précipitations semblent devoir commencer plus tôt cette année, certaines parties du pays devenant plus humides », explique Rosalind Crowther, directrice nationale de CARE Soudan du Sud.